
La Guinée étranglée par l'irraisonabilité de son leadership et les contestations portées à la rue !
Le véritable bras de fer qui oppose le président Lanssana Conté à la nébuleuse d'associations syndicales qui a diligentement assailli les rues de Conakry et autres villes, doit être percu comme l'infime expression d'une rupture longtemps restée à l'état latent.
Le régime moribond de Lanssana Conté et ses ostensibles pratiques de mal-gouvernance est en déphase avec le "Zeitgeist" politique (l'esprit du temps) illustrant la vie politique de la sous-région depuis déjà quelques années. Le Mali, le Sénégal, le Ghana, le Niger, le Libéria ont en effet entonné, à des illuminations différentes, la nouvelle donne:le leadership responsable, la règle de droit, la transparence et la démocratie électorale.
Un constat s'impose, même dans une lecture évasive des événements: les choses ont définitivement et irréversiblement changé ou disons plutôt qu'il s'est produite une révolution tous azimuts. Qui que l'on soit il n'est plus de 'bon droit' de dicter les institutions d'équilibre du pouvoir d'Etat et d'outre-passer l'appareil judiciaire. C'est se moquer du souverain: le peuple-- et par dessus c'est défaire sa propre légimité.
Qu'on se le dise, le peuple Guinéen a acquis la maturité dans sa culture politique ! Qu'on se le dise, la société civile n'est plus prète à avaler les mêmes torts d'hier et à assister immobile au décapitage de l'état de droit. La sagesse de l'heure recommande à Mr. Lanssana Conté de prendre acte de cette détermination et de simplement tirer sa revérence et céder les hautes charges de l'Etat à la nouvelle élite mieux imbue des valeurs démocratiques. Sa philosophie du politique est en conflit avec l'Afrique nouvelle, visiblement elle démeure prisonnière des décennies passées.
Cyril Fegue
New York, USA