11/7/2006 Quand viendra la revolution des banlieues !
Pour Taalès, officiellement les hommes politiques feignent de tenter de freiner la montée en puissance de la haine raciale mais eux-mêmes sont parfois en premier les instigateurs des débordements qui suivent leurs discours. Aujourd’hui rien ne se cache, il n’y a pas de retenue, tout le monde se lève, veut se rendre populaire ou populiste en tirant à bouler rouge sur les communautés étrangères ou issues, dit-on de l’immigration, accusés de tous les maux de la société. Taalès a l’impression que les citoyens dits du terroir sont traités comme des sains pendant que tout ce qui est mauvais, louche, sale, pue, vient nécessairement des communautés étrangères.
« Diantre ! à quel type d’être humain avons-nous affaire », s’écrie Taalès.
Pour lui, s’il se trouve, on a affaire à des amnésiques, à des gens sans état d’âme, à des cyniques ou tout simplement à des gens méchants de nature et lâches, surtout lâches.
Il va falloir se dit Taalès, rechercher des réponses à ces questions dans les sociétés occidentales qui ferment encore tout à une partie de la société en leur demandant dans le même temps de s’intégrer. « C’est cela ! », pense-t-il, « c’est trop facile de dire à quelqu’un de s’intégrer quand on lui met les bâtons dans les roues ou entre les jambes, avec des coups bas. » ; « Dites ! Y-a t-il un pack d’intégration ? ». « Que comprend le « pack » d’intégration ? Qu’est-ce que l’intégration ? Quels sont mes devoirs et mes obligations ? Et vous-mêmes, quels sont vos devoirs et vos obligations à mon égard, que de me livrer chaque fois aux hordes de vos calculs politiques ou politiciens malsains » : se dit Taalès. Des interrogations, encore des interrogations. Au fond, Taalès ne se pose pas ces questionnements pour lui-même, car lui n’est au fond pas français, il est africain ; il croit dire cela pour ses frères et sœurs noirs de France, noirs-français, bien français, pour ses frères et sœurs noirs de l’occident en général ; il croit dire cela pour ses concitoyens de peau noire qui sont bel et bien français et non africains et qui sont assimilés à chaque crise et à chaque débat à des étrangers, parce que c’est facile de faire cela. Pour Taalès, les accusateurs savent bien que ceux qu’ils accusent sont des français et des européens comme eux, ils ont beaucoup en commun hormis la couleur de la peau, hormis aussi l’éducation à la bonne école pour la majorité d’entre eux. Autrement, ils sont nés et ont été éduqués en France, et ne connaissent même pas l’Afrique. Évidemment pour Taalès, c’est facile de faire cette fuite en avant ou en diagonale, en accusant une cause exogène, c’est tout comme se voiler les yeux pour ne par voir la vérité en face, mais cette vérité là existe et existera même si on ne veut pas la voir et y trouver les meilleures solutions.
Oser reconnaître que les sociétés occidentales sont racistes, oser reconnaître que nombre d’occidentaux sont des racistes viscéraux qui ne peuvent plus de contenir leur haine ou leur phobie de la couleur. Que veulent-ils donc ces occidentaux-là ? Que toutes ces personnes qui ne leurs ressemblent pas quittent l’Occident ? Que veulent-ils donc ? S’interroge Taalès. Que toutes ces personnes non blanches de peau s’en aillent voir ailleurs pour que les blancs puissent respirer un air plus pur ?
Autrement, que faire ? Se dit Taalès. Qu’on arrête de se voiler la face afin qu’une discussion franche s’engage car il lui semble que si les blancs en ont marre de la présence des noirs par exemple, les noirs aussi en ont marre de leur situation de misérable, de leur confinement, de leur ghettoïsation, de leur marginalisation. Ils en ont marre de ne recueillir que des miettes. Ils veulent avoir aussi les mêmes chances et occasions de réussite dans la société et vivre heureux comme tous. Pour Taalès, pourquoi les minorités en Occident devraient-ils se contenter de peu ? Pourquoi devraient-ils se contenter des résidus ? « Non ! » clame t-il, « Il ne sera pas question, il ne sera plus question ! » C’est en cela que pour Taalès, si les jeunes des banlieues cassent et que même s’il est malheureux de constater aujourd’hui, qu’ils ne cassent pas les bonnes voitures, et qu’ils s’en prennent presque à celles de leurs voisins immédiats, misérables comme eux, demain, ils ne se tromperont peut-être pas ou peut-être plus de cibles, ils atteindront de plein fouet leurs objectifs.
L’occident pour Taalès doit juste se souvenir de ses propres révolutions, celles-ci ont commencé lentement pour ensuite atteindre sur le tard, les vrais cibles. La révolution des banlieues et des pauvres et très pauvres de l’occident ne fait que commencer parce que quelques bourgeois ne changeront pas de sitôt leur manière de s’asseoir.
Demain ils gagneront.
Extrait du roman "l'Immigrant de Service" de KOFFI-YAO
« Diantre ! à quel type d’être humain avons-nous affaire », s’écrie Taalès.
Pour lui, s’il se trouve, on a affaire à des amnésiques, à des gens sans état d’âme, à des cyniques ou tout simplement à des gens méchants de nature et lâches, surtout lâches.
Il va falloir se dit Taalès, rechercher des réponses à ces questions dans les sociétés occidentales qui ferment encore tout à une partie de la société en leur demandant dans le même temps de s’intégrer. « C’est cela ! », pense-t-il, « c’est trop facile de dire à quelqu’un de s’intégrer quand on lui met les bâtons dans les roues ou entre les jambes, avec des coups bas. » ; « Dites ! Y-a t-il un pack d’intégration ? ». « Que comprend le « pack » d’intégration ? Qu’est-ce que l’intégration ? Quels sont mes devoirs et mes obligations ? Et vous-mêmes, quels sont vos devoirs et vos obligations à mon égard, que de me livrer chaque fois aux hordes de vos calculs politiques ou politiciens malsains » : se dit Taalès. Des interrogations, encore des interrogations. Au fond, Taalès ne se pose pas ces questionnements pour lui-même, car lui n’est au fond pas français, il est africain ; il croit dire cela pour ses frères et sœurs noirs de France, noirs-français, bien français, pour ses frères et sœurs noirs de l’occident en général ; il croit dire cela pour ses concitoyens de peau noire qui sont bel et bien français et non africains et qui sont assimilés à chaque crise et à chaque débat à des étrangers, parce que c’est facile de faire cela. Pour Taalès, les accusateurs savent bien que ceux qu’ils accusent sont des français et des européens comme eux, ils ont beaucoup en commun hormis la couleur de la peau, hormis aussi l’éducation à la bonne école pour la majorité d’entre eux. Autrement, ils sont nés et ont été éduqués en France, et ne connaissent même pas l’Afrique. Évidemment pour Taalès, c’est facile de faire cette fuite en avant ou en diagonale, en accusant une cause exogène, c’est tout comme se voiler les yeux pour ne par voir la vérité en face, mais cette vérité là existe et existera même si on ne veut pas la voir et y trouver les meilleures solutions.
Oser reconnaître que les sociétés occidentales sont racistes, oser reconnaître que nombre d’occidentaux sont des racistes viscéraux qui ne peuvent plus de contenir leur haine ou leur phobie de la couleur. Que veulent-ils donc ces occidentaux-là ? Que toutes ces personnes qui ne leurs ressemblent pas quittent l’Occident ? Que veulent-ils donc ? S’interroge Taalès. Que toutes ces personnes non blanches de peau s’en aillent voir ailleurs pour que les blancs puissent respirer un air plus pur ?
Autrement, que faire ? Se dit Taalès. Qu’on arrête de se voiler la face afin qu’une discussion franche s’engage car il lui semble que si les blancs en ont marre de la présence des noirs par exemple, les noirs aussi en ont marre de leur situation de misérable, de leur confinement, de leur ghettoïsation, de leur marginalisation. Ils en ont marre de ne recueillir que des miettes. Ils veulent avoir aussi les mêmes chances et occasions de réussite dans la société et vivre heureux comme tous. Pour Taalès, pourquoi les minorités en Occident devraient-ils se contenter de peu ? Pourquoi devraient-ils se contenter des résidus ? « Non ! » clame t-il, « Il ne sera pas question, il ne sera plus question ! » C’est en cela que pour Taalès, si les jeunes des banlieues cassent et que même s’il est malheureux de constater aujourd’hui, qu’ils ne cassent pas les bonnes voitures, et qu’ils s’en prennent presque à celles de leurs voisins immédiats, misérables comme eux, demain, ils ne se tromperont peut-être pas ou peut-être plus de cibles, ils atteindront de plein fouet leurs objectifs.
L’occident pour Taalès doit juste se souvenir de ses propres révolutions, celles-ci ont commencé lentement pour ensuite atteindre sur le tard, les vrais cibles. La révolution des banlieues et des pauvres et très pauvres de l’occident ne fait que commencer parce que quelques bourgeois ne changeront pas de sitôt leur manière de s’asseoir.
Demain ils gagneront.
Extrait du roman "l'Immigrant de Service" de KOFFI-YAO

