10/11/2007 Le ministre Guikahué : "Je ne pense pas que le FPI ait signé l’accord sans parler de désarmement"

L
e secrétaire général adjoint du PDCI-RDA chargé de la mobilisation et de l'organisation Pr. Maurice Kakou Guikahué était l'invité de la tribune "Voice" sur Abidjan-net. Répondant aux questions des internautes, l'émissaire du Président du PDCI-RDA Henri Konan Bédié a passé en revue les questions brûlantes de l'actualité ivoirienne. De la santé du PDCI-RDA, du prétendu remaniement du gouvernement, de la responsabilité du PDCI dans la mauvaise gestion actuelle du pouvoir, du désarmement avant ou après les élections, l'affaire des 18 milliards de l'Union Européenne tout y est passé. Nous vous livrons dans cet article, de grands extraits de l'entretien de Guikahué avec les internautes du Canada, de Grande-Bretagne et de la France…Bref, du monde entier.
Santé du PDCI
Le PDCI se porte bien, c'est un parti qui est dans l'opposition et qui joue son rôle de parti d'opposition. Depuis la dernière réunion du bureau politique de Mai 2005, il a décidé d'organiser une tournée générale du président du parti dans les bases. C'est ainsi que Dabou a été visité le 22 septembre dernier et dans quelques heures, le Président Bédié se rend à Koumassi. Donc le PDCI est un parti en mouvement actuellement, qui met les bouchées doubles et qui anime très bien cette période pré-électorale.
L'importance que le PDCI donne au meeting de ce samedi à Koumassi
Après une ville de l'intérieur du pays, nous attaquons la ville d'Abidjan. Donc après l'intérieur, nous attaquons le district d'Abidjan par la commune de Koumassi. Nous allons assister ce samedi à un déferlement de militants. Peut-on dire que Gbagbo a gagné la guerre quand on entend le porte-parole des Forces nouvelles Konaté Sidiki demander un nouveau gouvernement sans le PDCI ?
Gagner la guerre dans un pays c'est restaurer l'intégrité territoriale. Aujourd'hui, le pays est toujours divisé en deux. Donc Gbagbo n'a pas gagné la guerre même si il ne l'a pas perdue.
Le PDCI regrette t-il d'avoir pris une position de départ qui a cautionné les rebelles qui leur a donné un certain coffre et aujourd'hui se rebiffent contre le PDCI ?
Je dis non ! Le PDCI n'a aucun regret. Le PDCI n'a pas soutenu une personne, le PDCI a soutenu une conviction. C'est-à-dire nous, nous voulons la paix, le dialogue, la tolérance. Hier Konaté Sidiki n'était pas au gouvernement. Nous, nous sommes en train de lutter au PDCI-RDA. Comment fonctionne une vraie démocratie. Donc nous sommes en train de lutter et nous sommes sûrs de gagner les prochaines élections avec le Président Henri Konan Bédié. Le Président Bédié formera un gouvernement. Ce n'est pas parce que le gouvernement est formé que le PDCI disparaît. Le PDCI aura son bureau politique, le PDCI donnera une ligne directrice au gouvernement. Le gouvernement va appliquer la politique du PDCI. Mais de temps à autre, le PDCI doit faire une pause pour dire "où est-ce que nous allons ?" A l'allure où nous allons, est-ce que nous allons convaincre les Ivoiriens pour leur dire qu'ils ont bien fait de nous élire ? C'est cela un parti politique. Ce n'est pas parce qu'aujourd'hui le PDCI a des membres dans le gouvernement de Soro qu'on va se taire. J'ai lu ce matin dans une presse que le porte-parole de Soro dit que les audiences foraines qui devraient se terminer le 25 décembre 2007, vont prendre fin le 29 février 2008. Donc lui-même dit qu'ils sont en retard. Alors dire que quelqu'un est en retard c'est mal faire ? Le PDCI ne regrette rien. Le PDCI a décidé, le PDCI poursuit. C'est un peu ça le PDCI. C'est l'image que faisait le Président Houphouët entre la Côte d'Ivoire et l'apartheid en Afrique du sud. Usher Assouan, paix à son âme, disait "Houphouët-Boigny a eu tort d'avoir eu raison trop tôt. C'est cela le PDCI. Demain les gens se promèneront et ils reviendront sur la médiane que représente le PDCI pour dire que le PDCI avait raison. Sidiki nous démontre aujourd'hui que nous (le PDCI) n'étions pas les alliés des rebelles. Parce que si nous étions ensemble, il ne parlerait pas comme il le fait aujourd'hui. Le PDCI n'a aucun regret. Tout ce que dit Konaté Sidiki ne nous concerne absolument pas (…) Le PDCI est soucieux et veut que l'accord de Ouaga aboutisse. Souvent quand vous êtes dans un groupe, il vous arrive d'être contre celui qui vous critique. Or celui qui ne dit rien, prie secrètement pour que tu échoues et il se moque de toi. Donc aujourd'hui, celui qui critique doit être ton ami. Il faut te dire que si ton ami te critique c'est que ce qu'il dit est vrai. Parce que l'accord de Ouaga a été signé le 04 mars 2007, pour 10 mois donc jusqu'au 04 janvier 2008 cela fait 10 mois. La première action qui est les audiences foraines qui doit finir avant janvier, on dit désormais que c'est en février qu’elles vont finir. C'est-à-dire un mois après ce qu'eux-mêmes ont signé. En tout cas, moi, tous les matins, si cela ne me gène pas, je vais m'inquiéter. Et qu'on me laisse le droit de m'inquiéter, d'avoir des préoccupations parce que je ne sais pas de quoi demain sera fait (…) On vous dit souvent qu'il faut que le PDCI sorte du gouvernement. Mais ça c'est le conseil de ceux qui n'aiment pas la Côte d'Ivoire. Pouvez-vous vous mettre dans la tête un instant que la Côte d'Ivoire peut vivre si le PDCI dit nous, nous sortons du gouvernement ? Mais c'est une crise qui sera plus profonde. Le PDCI fait des sacrifices. Le Président Houphouët a formé plusieurs gouvernements, Bédié en a formé et puis bientôt on en formera encore parce que le PDCI gagnera les élections. Seulement nous ne voulons pas créer des problèmes à la Côte d'Ivoire. Sinon nous on peut sortir du gouvernement et ce n'est pas des ministres que nous n'avons pas. On en a plein. On a formé, on a gouverné pendant 40 ans. On a formé des gouvernements. Nous étions assis chez nous et on nous a dit, venez, on va gouverner ensemble. Le PDCI a dit OK. Comme il s'agit de la Côte d'Ivoire, nous venons. Mais si demain les gens disent qu'ils ne veulent plus du PDCI au gouvernement vraiment le PDCI ne va pas maigrir du tout. Cette affaire de sortir du gouvernement n'apporte rien. C'est parce que le PDCI aime la Côte d'Ivoire qu'il s'accommode des choses. Voici un ministre des Infrastructures qui ne commande même pas le directeur du port. Mais il est mal à l'aise. Quand il veut partir, on lui dit non si tu pars, tu créeras une autre crise. On ne dit pas à la légère sortez, sortez. Si le PDCI n'aime pas la Côte d'Ivoire, il sortira du gouvernement et vous verrez ce qui va se passer, la crise sera plus profonde. Donc il faut éviter de mélanger tout le monde. Si les rebelles veulent remanier le gouvernement, ils viendront nous consulter comme ils l'ont fait avant que nous n'entrions dans le gouvernement actuel. Le PDCI étant membre du gouvernement actuel n'est-il pas co-responsable de la mauvaise gouvernance actuelle ? L'affaire des déchets toxiques, les 100 milliards de la filière café-cacao… Le PDCI-RDA est un parti de réaction. Nous sommes dans une atmosphère où ne sommes pas les maîtres du jeu. Vous savez très bien qu'il y a eu la guerre en Côte d'Ivoire, et les deux belligérants se sont rencontrés à Ouagadougou. On leur demande de démanteler leurs milices, de désarmer leurs combattants, de redéployer l'administration, de faire des listes électorales. Tout ce que je viens d'égrener pour aller à la paix, ces ministères ne sont pas tenus par le PDCI. C'est le camp présidentiel et les Forces nouvelles qui ont partagé les ministères qui sont en rapport direct avec Ouaga. Deuxièmement, quand vous parlez de détournement, de déchets toxiques, de café-cacao… Vous savez très bien que nos ministres ne sont pas ceux qui gèrent. Le ministre des Infrastructures qui est PDCI n'a aucune emprise sur le directeur général du port qui est directement géré par le Président de la République. Donc là nous allons faire de la démarcation. Le PDCI ne se sent pas concerné par les déchets toxiques, le PDCI ne se sent pas concerné par l'achat fictif de l'usine aux Etats-Unis. En tout cas, nous ferons en sorte que le moment venu, nous puissions dire ce que nous, nous avons fait. Donc on ne peut pas dire que parce que nous sommes dans le même gouvernement donc nous sommes responsables. C'est un gouvernement de transition, un gouvernement d'ouverture. Mais dans la gestion, il y a des gens qui ont certains secteurs en main (…). Même au temps du Premier ministre Seydou Diarra, on a toujours parlé de dysfonctionnement du gouvernement. Ce ne sont pas des rumeurs, ce sont des faits avérés. Les déchets toxiques sont entrés en Côte d'Ivoire par le biais de qui ? Par la présidence de la République et non par le gouvernement. Le Premier ministre a suspendu le directeur général du Port. Le Président Gbagbo l'a rétabli dans ses fonctions. Où est donc la responsabilité du gouvernement ? Le gouvernement a commis un magistrat Mme Fatou qui a fait l'enquête et a fait mention de la responsabilité de Amondji et de Gossio entre autres. Banny a suspendu les deux responsables. Il a confié le dossier à la justice. Le Président bloque le dossier et remet Gossio à son poste. Donc là, où est la responsabilité du gouvernement ? C'est une responsabilité présidentielle. Le café-cacao par exemple. Aujourd'hui on parle du détournement de 100 milliards de la filière. Est-ce le ministre de la Justice qui a saisi la justice ? Non ! C'est le Président lui-même qui a saisi le procureur de la République. Donc c'est un dossier personnel qu'il gère. Dans cette affaire est-ce que vous entendez Amadou Gon ministre de l'Agriculture ? Non ! Toutes ces structures, si vous lisez bien les décrets, elles sont rattachées directement à la présidence de la République. Donc c'est une affaire de FPI (…). Quand on va découvrir des machines de fabrication de faux dollars à proximité de la maison de Zirignon PCA de la SIR, pensez-vous que si c'était à proximité de la maison de Guikahué on n'allait pas accuser le PDCI ? Les déchets toxiques, cent milliards, faux dollars, il y en a plein. Le directeur de l'ENA, il est statutaire du ministère de la Fonction publique. Il vend les diplômes, tout le monde le sait. Je le dis, on fait la promotion de la médiocrité. Demain, on aura des préfets qui, quand on sera à la retraite, vont nous commander dans nos régions alors qu'ils étaient nuls (…) Le gouvernement ne fonctionne pas bien, il y a des pans entiers du gouvernement qui sont directement rattachés à la présidence donc la présidence doit assumer. Le PDCI est-il prêt à aller aux élections sans le désarmement ? Comment peut-on rendre une élection crédible avec les armes?
Les gens refusent qu'on dise les choses telles qu'elles sont. Ce n'est pas nous qui avons écrit l'accord de Ouagadougou. L'accord de Ouagadougou a été écrit par les délégations du clan présidentiel c'est-à-dire de Gbagbo et de Soro Guillaume c'est-à-dire les Forces nouvelles. Ils ont écrit noir sur blanc que l'accord de Ouagadougou durera 10 mois et s'attellera aux choses suivantes : démantèlement des milices, désarmement des combattants, redéploiement de l'administration, libre circulation, refonte de l'armée, liste électorale et organisation d'élections libres, transparentes, crédibles, et ouvertes à tous. Cela veut dire que l'organisation des élections est la dernière action de l'accord de Ouagadougou. Donc si on suit ce qui est écrit dans cet accord, on ne peut pas aller aux élections avec les hommes en armes. Si les gens n'ont pas désarmé et qu'on dit : " on va aux élections " c'est que Ouagadougou a échoué. Ça c'est clair. Parce qu'il est écrit la dedans qu'avant d'aller aux élections on aura désarmé les milices, on aura désarmé les combattants, on aura redéployé l'administration, on aura refondu l'armée, on aura fait des listes électorales, on aura assuré la libre circulation pour que chacun parte battre campagne où il veut et quand il veut. Parce que quand la période de campagne est arrivée, on bat campagne jusqu'à 4h du matin. Alors si moi, je ne peux pas rencontrer mes militants à Sinématiali à 2 heures du matin alors que je suis à Korhogo, on n'est plus en campagne. Donc si les gens n'ont pas désarmé et qu'il n'y a pas de libre circulation, cela veut dire que l'accord de Ouaga n'a pas atteint ses objectifs. On nous a dit que quand on ira aux élections, il n'y aura plus de personne armée. C'est pour cela que nous avons soutenu l'accord de Ouaga. On a soutenu l'accord parce que le chronogramme était bien établi. Quand tu dis que tu vas à tel endroit et que tu n'y arrives c'est que tu as échoué. Je ne pense pas que les Forces nouvelles puissent aller aux élections sans le désarmement. Cela ne se dit pas parce que c'est évident. Je comprendrai mal que le Président Gbagbo dont le parti a fait du désarmement son leitmotiv. Je ne pense pas que le FPI ait signé l'accord sans parler de désarmement. Maintenant s'il l'a fait c'est que le FPI a trompé le peuple ivoirien.
Propos recueillis par
Jean Prisca sur abidjan.net  

26/10/2007 Il n'y a que la vérité qui blesse.

vendredi 26 octobre 2007

L

a rumeur sur son arrestation qui courait depuis des jours s'est confirmée depuis lundi. Venance Konan, journaliste écrivain qui fait des contributions de temps à autre dans les colonnes de "Le Nouveau Réveil" est recherché par la police criminelle pour " offense au Chef de l'Etat et incitation à la révolte". Après l'émotion provoquée par la nouvelle de sa convocation, les Ivoiriens et tous les observateurs internationaux en sont à s'interroger. Où est-ce que Venance Konan a pu écrire de si offensant et de si incitateur à la révolte pour mettre en branle le régime ? Nous reproduisons sa contribution par quoi le séisme arrive

M. Laurent Gbagbo a parlé le mercredi soir. Et il a achevé de convaincre tous ceux qui avaient encore des doutes, sur son incompétence pour diriger un pays comme la Côte d'Ivoire, et surtout sur son mépris envers les Ivoiriens. Prenons quelques uns des points qu'il a abordés dans son intervention du mercredi. Prenons la filière du cacao qui est pillée par une bande d'êtres malfaisants. Que dit-il ? "Si la filière est mal gérée, ça ne regarde pas l'Etat et ce n'est pas l'argent de l'Etat qui est dilapidé. Nous, nous retirons, nous l'Etat, notre impôt. 250 milliards en 2005, 254 milliards en 2006. C'est ça qui est dans le trésor et c'est ça que nous dépensons. Le reste appartient à ceux qui gèrent… Aujourd'hui, avec la réforme que nous avons faite, nous prenons nos impôts et le reste regarde ceux qui gèrent la filière". En clair, "dès lors que j'ai ma part, le reste ne me concerne plus. Si on vous vole, c'est votre problème". Alors, une bande d'aigrefins qui ne sait pas comment pousse un pied de cacao peut voler des milliards aux paysans, en les laissant vivre dans la misère la plus noire, celui qui se dit notre chef nous dit qu'il s'en fout. Au moins il est franc. Lorsque cet homme était dans l'opposition, il s'est battu de toutes ses forces pour que la Caisse de stabilisation soit démantelée. Parce qu'il disait que c'était la caisse noire des barons du régime. Mais sait-il au moins que c'est avec l'argent accumulé par cette Caisse que toutes les routes qui partent de Gagnoa ont été bitumées, qu'il a pu bénéficier de bourses lorsqu'il allait à l'école, et qu'il bénéficiait du logement gratuit lorsqu'il enseignait ? Quel résultat a-t-on atteint avec sa réforme ? Une bande d'analphabètes aux grands chapeaux et d'anciennes secrétaires s'est accaparée les ressources des paysans qu'ils dilapident aux quatre coins du monde. Et le chef ( ?) de l'Etat dit qu'il n'est pas concerné. Or, c'est lui qui les a nommés, et c'est lui qui les maintient envers et contre la volonté des vrais paysans. N'est-ce pas en réalité parce qu'il les couvre ? Et pourquoi les couvrirait-il s'il n'avait pas lui-même des intérêts dans cette histoire ? Paysans et fils de paysans ivoiriens, vous savez maintenant à quoi vous en tenir. Votre sort n'intéresse pas du tout M. Gbagbo. Que dit Laurent Gbagbo des concours et examens devenus tous payants ? "Je suis au courant de tout ça. C'est une tradition de la Côte d'Ivoire. Alors moi, comme je n'ai pas passé de concours pour entrer à l'ENA ni à la police, je ne peux pas dire si c'est vrai ou faux. Mais je ne le nie pas. Si tout le monde en parle, il doit y avoir du vrai là-dedans… Et même ce sont les élèves eux-mêmes qui cherchent des gens à corrompre. Si du côté de ceux qui passent les examens, il y avait moins de demandes de parapluie, il y aurait peut-être moins de corruption. Mais je vous dis, quand il y a la guerre, tout se déglingue". Et voici comment le chef (?) de notre Etat a résolu un des problèmes les plus graves de notre société. "Ca existe peut-être mais qu'est-ce que vous voulez que je fasse, moi ? Je ne passe pas d'examen". Peut-on autant mépriser son peuple ? Mais comprenez bien que ce n'est pas tant que M. Laurent Gbagbo pense que ce problème soit insoluble. Non ! Tout simplement, il ne voit pas pourquoi il chercherait à régler un problème qui ne le touche pas directement, ni un de ses proches. Et c'est ainsi qu'il a toujours traité tous les problèmes qui se posent aux Ivoiriens. Il dit "ce n'est pas normal !", et pour lui l'affaire est terminée comme ça. Parce qu'en réalité, il se moque totalement du sort des Ivoiriens. Du moment que lui et les siens vivent bien, tous les autres n'ont qu'à faire comme ils veulent. Ce n'est pas son problème. L'école assassinée ? Ses enfants ne vont pas à l'école ici. L'administration qui est tuée, il s'en fout. Le culte à la médiocrité qui est devenu la règle, il s'en moque. L'éthique et la morale qui ont déserté le pays, il s'en fout totalement. C'est comme le sort des paysans. Il n'est pas concerné. Et que nous dit-il à propos de son fonds de souveraineté ? "Le train de vie de l'Etat a diminué. D'abord, je n'engage plus de coût pour organiser des fêtes. Je suis sur ce point-là celui qui dépense le moins. Je suis de tous les chefs d'Etat de la Côte d'ivoire celui qui a le plus petit budget de souveraineté : cinq milliards". Donc tous les Ivoiriens ont eu des hallucinations lorsqu'ils ont lu les différents budgets de souveraineté votés par l'Assemblée depuis que M. Gbagbo est au pouvoir, qui avaient commencé à 27 milliards, puis sont montés à 37 milliards. Aujourd'hui, puisqu'il n'y a plus d'Assemblée, le chef ( ?) de l'Etat fixe son budget de souveraineté à sa guise. Et nous avons eu des hallucinations lorsque nous avons lu le papier publié par Mamadou Koulibaly dans Fraternité Matin qui donnait les différents budgets de souveraineté de la présidence et de la primature. D'où vient le chiffre jamais démenti de plus de 60 milliards ? N'insistons pas dessus. Nous avons aussi eu des hallucinations lorsque nous croyions avoir vu beaucoup d'argent gaspillé à l'enterrement du père du chef ( ?) de l'Etat. Et les véhicules 4X4 que la présidence distribue à gauche et à droite sont également les fruits de notre imagination. Des membres de son cabinet ne se baladent pas en Porsche et Hummer. Et les millions qui disparaissent dans des hôtels de luxe à Paris ? Et les maîtresses dans les voitures de luxe ? On a rêvé quand on a cru les avoir vus.
Nous avons aussi eu des hallucinations lorsque nous avons lu que notre pays produisait plus de 80 000 barils de pétrole par jour. Le chef ( ?) dit qu'on n'en produit que 50 000. Pareil lorsque nous avons lu dans les journaux les explications de la direction des impôts qui tentait laborieusement de nous faire comprendre qu'avec la réforme de l'impôt, seuls ceux qui gagnent plus de 600 000F paieront plus d'impôts. Laurent Gbagbo dit qu'il n'y a aucune augmentation des impôts. Donc, si nous constatons une augmentation d'impôt sur nos bulletins de salaire, nous sommes en droit de nous plaindre, chef ?
Notre chef ( ?) de l'Etat nous a aussi dit que toutes les enquêtes ont abouti depuis qu'il est président. Chouette ! Qu'il nous dise donc qui a tué Robert Guéï et sa famille, Téhé Emile, Benoît Dacoury-Tabley, Camara H, l'étudiant Habib Dodo, Badolo le jardinier de M. Allassane Ouattara. On va enfin savoir qui a massacré plus de 120 personnes les 25 et 26 mars 2004, qui a permis aux déchets toxiques de parvenir en Côte d'Ivoire et tuer une quinzaine de personnes. Monsieur le président, nous attendons que vous nous éclairiez.
Concernant les travaux pharaoniques de Yamoussoukro, Laurent Gbagbo a dit qu'il construit pour cent ans. Je crois que mieux que tout autre exemple, ces travaux expriment tout le mépris que le chef ( ?) de l'Etat a pour les Ivoiriens. Les enfants s'entassent par quatre sur des tables bancs prévues pour deux dans les écoles, Laurent Gbagbo s'en moque. L'université est devenue pire que la gare d'Adjamé ? Ceux qui ne peuvent se faire soigner dans les cliniques privées meurent dans les hôpitaux publics parce qu'il y a aucun matériel ? Les routes de Côte d'Ivoire sont toutes dégradées ? Les rues d'Abidjan sont devenues impraticables ? La lagune se meurt ? On n'arrive pas à ramasser les ordures à Abidjan ? Laurent Gbagbo s'en moque complètement. Il construit pour cent ans ! Que construit-il ? Pas des écoles, que l'on peut aussi construire pour cent ans, pas des routes, pas des hôpitaux, non ! Il construit des palais. A côté de ceux qu'Houphouët-Boigny a laissés et qu'il a abandonnés à la ruine. Franchement, dites-nous, Monsieur Gbagbo, qu'est-ce que les Ivoiriens ont à faire du plus grand palais de l'Assemblée d'Afrique ? Sommes-nous le pays le plus peuplé d'Afrique ? Sommes nous le plus puissant ? Non ! Monsieur a vu qu'il y a de l'argent dans les caisses. Et il faut qu'il le dépense. Et comme le sort des Ivoiriens est le cadet de ses soucis, il préfère, en bon roi nègre, construire les choses les plus inutiles et les plus chères. Et pour mieux nous montrer à quel point il se fiche de ce que nous pouvons devenir ou ce que nous pouvons penser, il ajoute un sénat. Dano Djédjé a récemment dit dans une interview dans Fraternité Matin qu'il avait été prévu de construire un conseil économique et social, mais que Laurent Gbagbo avait exigé que l'on construise un sénat, la seconde chambre de notre parlement. Or la constitution est claire et sans ambiguïté. Le parlement ivoirien est constitué d'une seule chambre appelée assemblée nationale. D'où sort cette histoire de sénat ? De la volonté d'un homme de gaspiller l'argent des Ivoiriens en les narguant. S'il construit des écoles ou des hôpitaux, les Ivoiriens les utiliseront. Or un sénat non prévu par la constitution ne sert absolument à rien. La meilleure façon de gaspiller de l'argent n'est-elle pas d'acheter ou de construire des choses qui ne servent strictement à rien ? Gbagbo savait que personne ne parlerait. Depuis quand les ivoiriens ont parlé quand on les prend pour des imbéciles ? Effectivement, avez-vous entendu un seul ivoirien, un seul élu, un seul de nos leaders politiques de l'opposition parler de cela ? Pour pasticher un chanteur de zouglou, "qu'avons-nous fait au bon Dieu pour mériter un tel sort ?" Qu'avons-nous fait à Gbagbo pour qu'il nous fasse souffrir de cette façon ? Parce que la réalité est qu'il a la possibilité d'alléger la souffrance des Ivoiriens. En ne construisant pas ces palais ridicules par exemple. Mais sans doute par sadisme, il préfère les laisser souffrir en jetant leur argent par la fenêtre. C'est bien fait pour nous. ça nous apprendra à être aussi amorphes et aussi couards.
Laurent Gbagbo dit que l'élection qui l'a amené au pouvoir est la meilleure que l'on n'ait jamais organisée dans ce pays. Bien sûr, puisque ça l'a porté au pouvoir. Toutes les personnes qui sont mortes à l'occasion de cette élection n'ont eu que ce qu'elles méritaient. Je crois qu'après avoir écouté Laurent Gbagbo le mercredi soir, tous les ivoiriens ont enfin compris que le bagage qu'ils lui ont donné est trop lourd pour lui. Ce qui reste à faire est de l'en décharger.

Venance Konan
email : venancekonan@yahoo.fr  


25/10/2007 Venance Konan réagit face aux intimidations

M
onsieur Venance Konan, bonjour. Nous sommes heureux de vous entendre ce matin. Parce que nous avons cherché à vous joindre en vain, hier. Savez-vous qu'une convocation vous a été adressée depuis lundi dernier pour offense au chef de l'Etat et incitation à la révolte ?
Je l'ai lue sur Internet ce matin dans votre journal. Parce que, comme vous le savez, je suis en mission hors du pays.
Mais j'avoue qu'avant de quitter le pays, des rumeurs de ce genre m'étaient parvenues. Ça fait longtemps que je suis habitué à ce genre de choses, les rumeurs, les menaces de mort, d'enlèvement. Donc quand les gens m'ont dit cela, je ne l'ai pas vraiment pris au sérieux. C'est dans votre journal, ce matin, que j'ai pris connaissance de l'information qu'une convocation m'a été effectivement adressée par la police criminelle. Que pensez-vous de cette convocation et des charges qu'elle contient ?
C'est totalement farfelu. Peut-être qu'on cherche à m'intimider, à me faire peur ou à me contraindre à rester hors du pays. Mais si c'est leur intention, qu'ils sachent qu'ils se trompent lourdement. Je suis là (au Sénégal, ndlr) pour une mission bien précise. C'est mon journal qui m'a envoyé. C'est ce que je fais régulièrement chaque mois, je vais hors du pays pour travailler. Et dès que j'ai fini, je rentre tranquillement au pays. Donc, quand je finirai ma mission, je rentrerai chez moi en Côte d'Ivoire. Le fait que l'on ait attendu que vous alliez en mission pour lancer cette convocation ne cache-t-il pas une volonté du pouvoir de contraindre à l'exil un homme gênant ?
Peut-être que c'est leur volonté, mais sachez que je n'ai aucunement l'intention de vivre en exil, à moins de me cacher. Non, non, dès que je finis ce que je suis venu faire ici, je rentre dans mon pays. Probablement au début de novembre. Il n'y a vraiment aucune raison pour que je vive en exil.
La constitution ivoirienne dit qu'aucun Ivoirien ne peut être contraint à vivre en exil. Et moi, je n'ai aucunement l'intention de vivre en exil. Je n'ai aucunement l'intention de me cacher et je n'ai aucunement l'intention de me taire non plus. Pour certains Ivoiriens, vous allez vous jeter dans la gueule du loup si vous rentrez parce que vous seriez sans défense
Non, il ne faut pas dire que je suis sans défense. Il y a le droit qui est là pour moi. On va regarder dans ce que j'ai écrit et on me dira ce qui correspond aux accusations qu'on me porte.
J'ai aussi le soutien de tout le peuple ivoirien qui est encore plus fort et plus précieux cette pression. Donc encore une fois je vous rassure, je rentrerai sans problème. Le droit existe certes, mais avez-vous confiance en la justice ivoirienne ? Avez-vous la conviction que le droit sera dit ?
Il n'y a pas de raison de ne pas avoir confiance en notre système judiciaire. Parce que j'ose croire qu'il existe encore des magistrats dans notre pays qui ont leur conscience professionnelle et diront effectivement le droit si nous sommes en situation de procès.
Je n'ignore pas que l'appareil est fortement contaminé comme tout le reste de la société ivoirienne. Mais je sais qu'il existe encore de vrais magistrats, de vrais hommes de droit jaloux de leur indépendance professionnelle et de leur probité. Qui ont la conscience du devoir et qui savent faire leur travail. Apparemment vous n'êtes pas surpris par cette convocation devant la police criminelle. Il y a longtemps que l'on vous déclare dans la ligne de mire du régime FPI
Effectivement, je ne suis pas surpris. Puisque les menaces, j'en reçois toujours. Je reçois souvent des SMS, e-mails de menace. D'autres personnes viennent me dire amicalement de faire attention, " voici ce qui se prépare contre toi, on veut te tuer, on veut t'assassiner ". Donc je suis habitué, je vis avec. Je ne suis pas surpris par cette convocation. Venance Konan devant la justice pour offense au chef de l'Etat. Pourtant Gbagbo a dit qu'il ne mettrait pas un journaliste en prison ?
Mais qu'est-ce qui vous surprend ? Il y a beaucoup de choses que le Président Gbagbo a promises et qu'il n'a pas tenues. " Donnez-moi le pouvoir et je vous le rendrai ". C'est ce qu'il a dit aux paysans, les paysans ont cru et on a vu le résultat. L'argent du cacao est détourné et gaspillé par une bande de voleurs qui rôde autour du chef de l'Etat. Qu'est-ce qu'il n'a pas dit au sujet de la démocratie, de l'école, des étudiants, de l'assainissement, des finances publiques ? Il nous racontait qu'il était là pour les pauvres, mais les pauvres comment ils vivent aujourd'hui sous le régime de M. Gbagbo ? Ils ne peuvent même pas se nourrir à plus forte raison soigner ou envoyer leurs enfants à l'école. C'est la misère généralisée accentuée par une hausse spectaculaire des prix sur le marché que l'Etat en faillite n'arrive plus à contrôler. Donc, les promesses de M. Gbagbo, on sait ce que ça vaut. Ça n'engage que ceux qui y croient. Venance Konan, qu'est-ce qui vous oppose fondamentalement à M. Gbagbo. Certaines personnes pensent que vous êtes contre lui.
Oui, je suis contre monsieur Gbagbo, je le revendique et je l'assume. Je suis contre lui parce qu'il est en train de tuer mon pays, parce qu'il est en train d'assassiner l'avenir de mes enfants et l'avenir de tous les enfants de Côte d'Ivoire. Ce n'est pas tout, mais je crois que c'est déjà assez de raisons pour être contre ce monsieur. En tant que citoyen, en tant qu'intellectuel vivant en Côte d'Ivoire, je ne peux pas assister à cela et me taire. S'il n'était pas au pouvoir, Gbagbo lui-même ne pouvait pas accepter cela. Je le dis toujours, moi personnellement, sans être issu d'une famille aisée, j'ai pu faire de bonnes études, aussi bien en Côte d'Ivoire qu'à l'extérieur du pays. Je ne peux pas comprendre qu'aujourd'hui où l'on dit que l'Etat a plus d'argent avec un budget qui avoisine les 2000 milliards que nos enfants ne puissent pas faire de meilleures études que nous autres. Regardez nos écoles, nos universités, elles ne conduisent nulle part, l'horizon est bouché. Nos enfants ne peuvent pas avoir de meilleurs emplois que nous autres. Je ne veux pas voir un jour mon fils ou ma fille sur une embarcation de fortune en train de ramer pour aller aux Îles Canaris, ou traverser le désert à pied pour essayer de se rendre en Europe. Je veux qu'ils vivent dans leur pays, qu'ils se développent et se réalisent dans ce pays. Celui qui s'oppose à ce rêve que caressent mes enfants et moi, celui-là je suis contre lui. Tant que M. Gbagbo continuera d'appliquer sa politique qui hypothèque l'avenir de tous les jeunes de Côte d'Ivoire, je serai contre lui. Vous n'êtes pas militant d'un parti politique. L'on se demande, quelle est votre protection, votre rempart pour oser défier un régime aussi intolérable que celui de M. Gbagbo ?
Je crois qu'on n'a pas besoin d'être militant d'un parti politique pour dénoncer l'arbitraire, la dictature, la mort programmée d'un pays et de l'avancée de toute la sous région. Mais ouvrons un peu les yeux et regardons ce qui se passe, chez nous et autour de nous. Combien de temps ça va durer ? Dans ce pays, plus personne n'est heureux, plus personne ne vit décemment à part ceux qui nous dirigent, qui se sont accaparés toutes les richesses et qui nous narguent au quotidien. En tant qu'Ivoirien, notre devoir est de dénoncer cela. Quand Gbagbo était dans l'opposition, il dénonçait cela, il disait que Houphouët était dictateur, voleur et tout le reste. Quand Bédié était au pouvoir, il disait la même chose. Personne ne l'a tué pour ça. S'il estime que c'est son devoir de liquider tous ceux qui le critiquent, qu'il le fasse. Mon devoir à moi en tant que père de famille, en tant que citoyen et intellectuel, c'est de dénoncer tout ce qui menace l'avenir de nos enfants et de mon pays. Moi j'étais fier quand je sortais de Côte d'Ivoire avant l'arrivée de ce pouvoir. J'étais fier de crier que je suis Ivoirien. Mais aujourd'hui, c'est à la limite si je ne me cache pas. A cause de ce pouvoir, le regard qu'on porte sur notre pays à l'extérieur n'est pas bon. Pourquoi ? Parce qu'on a banalisé notre pays, on l'a réduit à rien. Nous sommes devenus le pays des ordures, des déchets toxiques, des milliards de francs qu'on détourne, le pays des tueries sauvages, des assassinats politiques. Mais moi, Venance Konan, je ne peux pas supporter cela. Tant que cela continuera, je me battrai contre ce régime. Je sais que cela ne fait pas plaisir à certains d'entendre ce que je dis, mais en démocratie, on a le droit de dire ce qu'on pense et je dis ce que je pense. Si c'est la peur qui tétanise les Ivoiriens et les empêche de parler, moi, je continuerai de parler et de dénoncer. Si au bout, c'est la prison ou la mort qui m'attendent, je l'accepterai avec sérénité. Mais ma conscience me grondera si je vois et que je ne dis rien. Demain, nos enfants nous demanderont des comptes. L'ambition que j'ai pour mes enfants ce n'est pas de les voir marcher dans les rues ou gérer des cabines téléphoniques. Je veux que mes enfants s'instruisent comme tous les enfants du monde et puissent travailler pour vivre dignement demain. Ce combat-là, je le mènerai tant que j'aurai du souffle. Parce que je reste convaincu que c'est un combat noble et juste. Venance Konan, bientôt de retour au pays ?
Absolument ! Je vais rentrer à Abidjan chez moi et celui qui veut m'arrêter viendra le faire. Depuis ce matin, ils ont été très nombreux les Ivoiriens qui se sont manifestés dès qu'ils ont appris la nouvelle de votre convocation à la police criminelle. Un mot à leur endroit ?
Je leur dis merci pour le soutien et pour le réconfort. J'ai moi-même reçu beaucoup de messages sur mon mail, je sais que beaucoup ont tenté de me joindre sur mon portable. Je remercie du fond du cœur tous ces Ivoiriens, toutes ces âmes généreuses. C'est un soutien qui me donne la force de continuer ce combat. Je leur dis que je ne faiblirai pas, je ne reculerai pas, je ne me laisserai pas intimider. Je les encourage eux aussi à se lever pour dire non. Car l'avenir qu'on réserve à leurs enfants, c'est boucher les trous dans les rues d'Abidjan. Plus on sera nombreux à dénoncer, et plus le pouvoir en place saura que le peuple veut autre chose, un avenir meilleur pour ses enfants.
Interview réalisée par téléphone par
Akwaba Saint Clair  

24/10/2007 un régime sale et pervers

 

 

Tiburce Koffi     

mercredi 24 octobre 2007

L
e mercredi dernier, à l'occasion du dossier que quelques membres, dont moi, du "Mouvement pour le Néo-houphouétisme -MN-H") avons fait publier à "Le Nouveau Réveil", pour rendre hommage à l'illustre et premier président de la Côte d'ivoire, Félix Houphouët-Boigny, j'avais, particulièrement, porté ma réflexion sur le désastre urbanistique qui frappait l'ensemble de notre pays, notamment, Abidjan la désormais "ex-perle des lagunes".
J'y notais (dans cet article) la dégradation physique et esthétique de notre capitale, en prenant, toutefois, soin de situer, avec le maximum d'objectivité, les responsabilités des différents régimes, dans ce désastre. L'insalubrité et, conséquemment, la dévalorisation de la qualité visuelle de nos villes, Abidjan, particulièrement ne sont donc pas le fait exclusif des refondateurs. Et c'est là, justement, où ce régime inquiète ; car son incapacité, manifeste, à résoudre ce problème, dévoile toute son incompétence à nous proposer une vie de qualité : l'insalubrité à laquelle nous sommes confrontés, n'est pas le résultat de la situation de guerre, puisqu'elle lui est très antérieure. Le règne des refondateurs n'a fait (et c'est loin d'être un crime mineur) qu'amplifier le désastre écologique, urbanistique et esthétique de nos cités. C'est grave !
En deux années (2000-2002 ? il n'y avait pas encore la rébellion) de règne, alors même qu'ils avaient quémandé et obtenu de la société civile, une trêve, afin de travailler efficacement, et dans la sérénité, nulle action n'avait été menée, de leur part, pour apporter des solutions au problème, pourtant épineux, de l'insalubrité. Bien au contraire : pendant que les Ivoiriens, (ou ceux d'entre les plus civilisés des Ivoiriens) se plaignaient de la dégradation de l'espace vital, les refondateurs , quant à eux, s'adonnaient à la fête au village et au pillage des deniers de l'Etat, afin de s'offrir leurs premiers châteaux : les murmures et scandales sur la grosse demeure d'Affi N'guessan (à la Riviera-Golf), et sur les acquisitions immobilières de Lida Kouassi et bien d'autres nouveaux petits bourgeois du FPI, datent de 2001 ? qu'est-ce qu'ils étaient vraiment pressés de s'en envoyer plein les poches, ces jeunes et nouveaux voleurs !
Oui, je dis bien : voleurs. Et ce n'est pas la première fois que je l'écris. Et j'attends, toujours, que les refondateurs protestent. Ouvertement. Officiellement. Nous allons, alors là, faire l'inventaire de leurs richesses, afin qu'ils puissent démentir la grave accusation que je n'ai eu, de cesse, de leur porter, depuis que j'ai découvert leurs fourberies. J'attends, toujours, qu'ils protestent, qu'ils nient les faits, avec la dernière énergie des gens honnêtes et bafoués dans leur honorabilité. J'attends toujours. Je les attends. Mais, les voleurs n'osent pas ouvrir le gosier. Comment pourraient-ils, d'ailleurs, le faire ? N'est-ce pas une des voix les plus autorisées d'entre eux qui, bravant la peur et les actes d'intimidation qui paralysent le cerveau de leur intelligentsia (corrompue, elle aussi), avait pointé le doigt sur leurs manquements éthiques ? L'accusateur s'appelle Koulibaly Mamadou, 3ème vice-président du FPI, et président de l'Assemblée nationale, enseignant et professeur agrégé d'Economie, de son état. Là aussi, nous avons attendu, en vain, que les refondateurs manifestent un refus énergique des graves accusations à eux, portées par le président de l'Assemblée nationale qui, nous le répétons a eu le courage et un sursaut républicain de dénoncer ces malversations commises par leurs militants, du plus bas de l'échelle des responsabilités, au plus haut.
Les refondateurs sont des voleurs
Les refondateurs sont donc des voleurs? c'est connu ; ils ne s'en cachent d'ailleurs plus, rassurés qu'ils le sont, que leurs scélératesses ne seront jamais sanctionnées sous ce régime du vol et du crime faciles. Il n'y a donc aucune offense à dire d'eux, ce qu'ils sont, vraiment : des voleurs. Mais ils ne perdent rien pour attendre ! Ils nous rembourseront, jusqu'aux derniers deniers, tous les sous qu'ils nous ont volés, avec la complicité de la branche ''gbagboïste'' du RDR, habillement infiltrée dans la rébellion ? suivez mon regard. Observez tout le rituel des embrassades partagées, ainsi que les fêtes organisées ici et là, à l'honneur des assassins d'hier qui ont endeuillé notre pays et séquestré la ville de Bouaké ; pensez à la libération, rapide et suspecte de Daloa ; observez tout cela, et vous découvrirez (enfin !) la savante supercherie que nous ont servie les refondateurs, en complicité avec la bande à Soro, l'élève et le disciple de Gbagbo. Il faut que les Ivoiriens comprennent bien ceci : Entre Gbagbo et Soro, c'est une mauvaise histoire d'amour : le dernier n'a jamais accepté que Gbagbo lui ait préféré Charles Blé Goudé, un bété (1). Voilà : à présent, l'injustice est réparée par l'Accord de Ouaga, sous la supervision du troisième larron de l'histoire : Blaise Compaoré. Le mauvais père (Gbagbo) a reconnu ses torts et il essaie de les réparer en partageant, avec le fils rebelle frustré, le tapis rouge-sang du pouvoir. Le sang des danseuses d'adjanou violées et froidement tuées par les gueux, sous l'inspiration d'un certain Soro Guillaume, alors intraitable maquisard ! Le sang des suppliciés de Monoko Zohi, le sang des populations de l'ouest ravagées par la folie meurtrière qui a empoissonné l'âme du maître et de l'élève. Et Laurent Gbagbo peut alors dire, de sa morgue désolante, comme Caligula : "1.000 morts à droite, 1.000 morts à gauche, où est mon problème ? Moi, j'avance !" Affreux… affreux. Horrible ! Ecoutons, aussi, l'élève-rebelle répondre à une question de Venance Konan à propos des charniers de Bouaké : "Ce ne sont pas des charniers, ce sont des fosses communes" Affreux… affreux. E-POU-VAN-TA-BLE. Nous reviendrons sur cette dimension cachée de notre crise, au besoin, à l'occasion d'autres articles, pour éclairer l'opinion nationale, sur cette immense mascarade que ne supporte plus la branche fondamentaliste du FPI, animée par Mamadou Koulibaly et Simone Gbagbo. Les refondateurs sont des voleurs ? c'est connu. Mais, ils sont, surtout, moralement sales. Et c'est cette saleté éthique (qu'ils traînent dans l'âme et le cerveau), qu'ils ont projetée sur la gestion de la cité. Un régime nocif et pervers
Tout, sous la refondation, pue le corrosif, le corrompu, le dégradé. Nos Arts (la musique, notamment), nos immeubles (voyez les tours désolées de la cité administrative), nos journaux (à l'exception de quelques-uns2), notre agriculture, notre police, notre école, notre Administration (3), notre niveau de vie, notre Ethique, etc., enfin, notre Environnement.
L'environnement ! Parlons-en, encore.
En octobre 2005, j'écrivais déjà, ceci, dans " Côte d'Ivoire, l'agonie du jardin ":
" Un des exemples les plus choquants de la détérioration de la ville d'Abidjan (sous la refondation NDR) est l'espace en face du grand jardin du Plateau. Les Abidjanais l'appellent La Sorbonne 4. C'est, aujourd'hui, un lieu officiel où les démagogues de tout acabit, tous des soutiens du pouvoir, viennent déblatérer mille et une sornettes sur la politique inspirée, visionnaire et divine de Laurent Gbagbo. (…) ce qui heurte ici, c'est le symbolisme disqualifiant et la disqualification urbanistique de l'espace : haut lieu de formation intellectuelle en France, la Sorbonne de Côte d'Ivoire est, quant à elle, l'espace privilégié de la doxa inhibitrice 5 où chaque jour, s'enivre de discours obscurs et niais, une population de bras valides qui a décidé de signer un bail avec l'oisiveté, soutenue en cela par le pouvoir. " Mais La Sorbonne du Plateau est surtout un lieu insalubre, infect, dégoûtant dans son exposé visuel, et indigne d'être situé au Plateau, la vitrine de l'urbanité ivoirienne. C'est aussi un haut lieu de la piraterie. Ici, se vendent des produits contrefaits, illégaux (…), ainsi que des mets (…) exposés à tout. Il y a, aussi, et surtout, de la pornographie plein la vue. Cette pornographie ! Avec les blessés et les cadavres épisodiques et réguliers qui rythment notre vie politique, les pneus utilisés par les policiers (racketteurs impunis) et les patriotes (pour barrer les rues - nos trottoirs sont ainsi ''ornés'' de ces carcasses de pneus qui salissent la ville), la pornographie publique et populaire, la pornographie patriotique, la pornographie libre et démocratique du règne des refondateurs, compte au nombre des choses les mieux exposées en Côte d'Ivoire ! C'est vraiment la névrose freudienne ! (NDR) "Des photos impudiques de sexes ouverts de femmes, en gros plans, affichées sur les façades des bicoques qui bordent la rue, heurtent la vue. La Sorbonne, notre Sorbonne, la Sorbonne des Refondateurs, est un endroit de pourritures et de pourrissement, un espace de disqualification des valeurs éducationnelles, un topos d'altération urbanistique et de promotion de la portion résiduelle de notre société ! En tout et pour tout, elle est la géographie du pourrissement de notre société, le reflet d'une politique inacceptable du désordre et du laisser-faire ? cette lecture médiocre de la vie et de la conduite de la cité, qui affecte le champ de ''conscience d'Etat'' des Refondateurs : c'est un véritable scandale urbanistique et politique !...
L'expression la plus écœurante, la plus inquiétante aussi, de cette détérioration de la qualité socialisante de la vie urbaine, est l'amoncellement exponentiel des déchets.".

La destruction irresponsable de l'environnement

L'environnement : restons, toujours, sur cette question cruciale. Mais pourquoi donc, les refondateurs sont-ils si sales ? C'est la question que je m'étais posée, dans mon article du mercredi dernier. C'est une amie qui m'a donné la réponse, pas plus tard qu'avant-hier : pour elle, l'insalubrité choquante et grandissante de la ville d'Abidjan, est la projection de la saleté éthique qui infecte le cerveau des refondateurs. Et l'amie d'ajouter : "Tiburce, le problème est plus grave que tu ne le crois. Des gens sales dans l'esprit et l'âme, ne peuvent pas rendre une ville propre. C'est plus fort qu'eux". Ce jour-là, cette amie (qui avait lu mon article du mercredi dernier et qui m'aidait alors, en compagnie de Charles Ndiagne de Fraternité Matin, à faire des courses) a entrepris de passer par Adjamé, afin de me faire subir un bain… d'insalubrité. Quel cynisme ! Et j'en ai respirées, hein, de ces odeurs ! J'en ai vues, de ces saletés.
Oui, j'ai vu Adjamé, du côté du quartier ''Fraternité''. Cela faisait longtemps que je n'avais pas fréquenté ces espaces pourris. J'ai donc (re) vu Adjamé. Pouaaahhh ! Quelle décrépitude ! Quelle pourriture ! Incroyable ! Jamais je n'avais vu autant de saletés. Et des êtres humains vivent là, travaillent là, mangent là, et font l'amour, là. Dans ces déchets ! Comme des animaux ! Et ce pays compte un gouverneur de District de la ville d'Abidjan, un baron du régime. Ce dernier est, actuellement, en train de s'édifier un impressionnant building, à la Riviera Golf ! Sans honte, sans pudeur ! Qu'est-ce qu'ils sont méchants, les refondateurs !
Notre environnement est pourri, Abidjan est sale, infect. Nous vivons sous la menace permanente de graves épidémies. Et ce pays compte un chef d'Etat qui se permet de s'octroyer un budget de souveraineté qui se chiffre à des milliards de nos francs. Et il s'attelle à construire, à Yamoussoukro, des édifices qui devront durer cent ans ! Pour sa gloire. Quand notre niveau de vie se dégrade, chaque jour. Et son peuple de militants et de journalistes abêtis et abrutis chante, dans la joie inélégante des gueux, sa grandeur divine, et immaculée ! Et nous acceptons cette offense à nos misères collectives. Et lui, le grand chef, n'éprouve aucune gêne, aucune pudeur, à parler de ses milliards ! Et il nous annonce même que lui, a déjà, payé ses impôts ! Félicitations, grand chef! Tu es, vraiment, fort ! Quel désastre ! Ah, les refondateurs !...
J'ai vu Adjamé, comme j'ai vu Adjouffou-la-damnation de la misère. J'ai vu Adjamé, comme j'ai vu Abobo-le-désordre et l'insalubrité institutionnalisés. J'ai vu Yopougon-la-pagaille-et-la-saleté organisées. J'ai vu Cocody (que j'habite) et sa superbe "Cité Mermoz" d'hier, transformée, sous le pouvoir malpropre des refondateurs, en temple de la saleté, du bruit, de l'alcool et du trafic de drogue ! Le maire de cette cité de la bourgeoisie ivoirienne, est un refondateur hystérique. Son grand talent de gestionnaire de la commune consiste à détruire les espaces verts (comme Mel Théodore le fit, avant lui) et à transformer Cocody en un ensemble de ghettos et de boutiques ! Ah, les refondateurs !...
J'ai vu le carrefour de l'Indénié et ses amoncellements révoltants de déchets. Là, des policiers rackettent, jour et nuit, d'honnêtes automobilistes pressés de se rendre au travail. J'ai observé la lagune Ebrié ? ou ce qui nous en reste. L'eau, source de vie dans toutes les cultures du monde est, désormais, chez nous, et sous le pouvoir maléfique et irresponsable des refondateurs, le lieu de pourrissement de la ville, un dépotoir de saletés de tous ordres ! Ah, les refondateurs !...
J'ai vu, vu toute la ville d'Abidjan : la jeunesse désolée, les gosses dans les rues à des heures impossibles de la nuit, les fous, nus (surtout les femmes), humiliés par une société sans pudeur (qui expose le sexe de nos sœurs, mères et femmes, aux regards indécents du public !), une société sans égard aux souffrances de l'être humain frappé par le mauvais sort. J'ai vu le racket quotidien, sauvage et révoltant des policiers, la fumée des véhicules (même les cars de la Sotra), les gigas maquis, le bruit et le silence assourdissant d'un peuple "appelant un dieu impossible" pour le débarrasser de la vermine. Non, je ne pouvais pas "rester sourd à tant de souffrances bafouées". Parce que j'avais compris la véritable nature de ce régime : il est sale, et incompétent. Ah, les refondateurs !…
J'ai vu, vu tout cela. Et mon cœur a été saisi de révolte majeure, ainsi que d'une conviction inébranlable : les refondateurs ne sont pas que des gens sales : ils sont méchants. Très méchants ! Et, si nous laissons ce pays pour, encore, un an entre leurs mains, la Côte d'Ivoire ne sera plus qu'un immense scandale écologique ! Les refondateurs n'ont aucune notion de l'hygiène. Aucune éducation à la propreté. Ce sont des gens mauvais : corrompus dans l'âme. Corrompus dans le cerveau. Corrompus sur le corps : bref, ils sont dangereux et nocifs !
Parlons, toujours, de l'environnement.

De l'ambition
houphouétienne à la médiocrité ''refondatrice''

Ceux des Ivoiriens qui ont pu voir et connaître la Suisse, et observer attentivement la configuration spatiale de la ville d'Abidjan, découvrent que, la conception urbanistique de notre capitale est inspirée de celle de la ville de Genève. L'édification des immeubles autour et en face de la lagune Ebrié, est celle que l'on retrouve autour et en face du lac Léman. Ce superbe lac qui inspire tant les écrivains ! Et on comprend comment Félix Houphouët-Boigny avait tissé de grandes ambitions pour ce pays : faire de la Côte d'Ivoire, la Suisse d'Afrique ! Faire d'Abidjan, la réplique esthétique de Genève, la ville de Jean-Jacques Rousseau. Mais, les refondateurs, qui n'ont pas compris ces choses, qui ne peuvent même les comprendre (ils sont, réellement, trop limités pour les comprendre), ont laissé pourrir notre lagune Ebrié. Et, chaque jour, ils dégradent notre environnement. Sur le tronçon qui mène de la Riviera à Bingerville, ils s'attellent ainsi, avec acharnement, à détruire toute notre flore. Ils la remplacent par de vilaines petites maisons ; et ils appellent cela, ''Ville nouvelle" ! Quelle ignorance ! Quel grossier mensonge ! Quel rapt conceptuel ! Allons, éclairons-les, un peu, sur cette question :
Le concept, très moderne (mais pas récent), de "Ville nouvelle", est une vision hardie de l'urbanisation. Il a été promu au cours de la seconde moitié du siècle dernier, par des urbanistes et architectes audacieux. Il intègre une notion essentielle et sue de tous les urbanistes et architectes sérieux : "L'habitabilité de l'espace". C'est pourquoi, dans les pays (notamment européens) où elle a prospéré, la ''Ville nouvelle'' repose sur un nombre de critères à respecter, absolument ; entre autres : l'existence de centres de santé, de bibliothèques, d'aires de sports, de centres culturels, de commissariats, d'espaces verts, de marchés modernes (non, pas les bicoques des refondateurs, mais des marchés modernes - à l'image de ceux construits dans des communes d'Abidjan, sous le règne du président Henri Konan Bédié), etc. Je recommande vivement aux refondateurs, de prendre le temps et la peine de lire (après celui qu'ils consacrent au pillage éhonté de nos ressources) deux livres, excellents, en la matière : "Le semeur de vent" de Roger Ikor, et "La nuit" de M. Balka.
Mais comment peuvent-ils oser appeler "Ville nouvelle", ce scandale architectural et urbanistique qu'ils nous servent, sur le tronçon Riviera-Bingerville ? Un détail choquant : les herbes qui poussent sur le goudron, le dévorent même ! Existe-t-il un maire, un seul, dans ce pays ?
Les refondateurs sont des prédateurs de notre environnement. Ils ont détruit les forêts qui se trouvaient sur l'axe Yopougon-Anyama, après la Maca. Ils ont entrepris de détruire la forêt du Banco, pour y construire… des maisons ! Comme on peut les comprendre : ils ne savent pas pourquoi le président Houphouët avait veillé à la conservation de ces espaces forestiers, cette flore superbe, qu'il avait eu l'intelligence de déclarer "Forêt classée". Les refondateurs ne savent rien de tout cela. Je vais leur dire pourquoi Houphouët tenait à la survie de ces espaces : c'était, tout simplement, pour protéger l'écosystème et altérer le poids de la chaleur sur Abidjan. Houphouët un écologiste avant la lettre. Les refondateurs sont vraiment désespérants ! Pis, ils nous mettent en insécurité permanente. Et pour causes :

Insalubrité, mercantilisme et insécurité

Dans son puissant et merveilleux livre sur la crise ivoirienne, le Pr Franklin Tavarès avait, superbement, développé une thèse lumineuse sur les rapports dialectiques entre l'insalubrité et l'insécurité. Et il a raison : les villes insalubres, délabrées et désordonnées, sont belligènes, et facteurs de violence et d'insécurité. Il avait essayé de faire comprendre ces choses (d'une logique élémentaire) aux refondateurs, croyant qu'il avait affaire à des hommes sérieux, désireux de faire avancer le pays! Il dut se rendre compte, plus tard, qu'il avait perdu son temps : ce qui préoccupe les refondateurs, c'est voler. Piller les caisses de l'Etat, s'acheter des cylindrées, et construire de gigantesques demeures ! Comme ils se trompent : ils vont vomir (prête-moi tes mots, Tapé Koulou), un jour ou l'autre, tous nos biens qu'ils ont usurpés. Oui, nous ferons l'inventaire des biens mal acquis. La Côte d'Ivoire ne sera pas, éternellement, le pays des rapts et des manquements éthiques que viennent de créer Laurent Gbagbo et ses filous de refondateurs !
J'ai parlé d'insécurité. Allons-y donc !
J'ai visité le boulevard de Marseille. Déjà, en 2001, un ami français, très introduit dans les milieux d'affaires, m'avait alerté d'un danger qui planait sur la ville d'Abidjan : la vente de tout le bord lagunaire de la Zone 4, aux Libanais. A l'époque, solidaire du régime du président Gbagbo, j'avais récusé, avec ''la dernière énergie'', cette grave accusation, en soutenant, mordicus, que le régime de Laurent Gbagbo ne pouvait pas se livrer à une telle infamie. Non, pour moi, cela était impensable. Comme mon ami insistait, je l'ai traité de fils de colon, et la discussion a dégénéré. Moins de deux ans après, ce fut le désenchantement : le boulevard de Marseille a, bel et bien, été vendu aux Libanais. Le ministre de la Construction et de l'Urbanisme de l'époque, ainsi que tout son cabinet, étaient des refondateurs. Et cela date d'avant la rébellion - la grande excuse des refondateurs.
J'ai vu, observé et analysé, la configuration spatiale du boulevard de Marseille : tout au long de cet boulevard, les Libanais (dont la plupart sont de tous les trafics maffieux) ont édifié des constructions qui barrent la vue de la lagune, aux passants. "Mais où est le danger ?", me demanderait le citoyen naïf. Réponse : des agresseurs de tous genres (rebelles, expansionnistes, gangsters, etc.), peuvent, tranquillement, et sans être vus de nos Forces de défense et de sécurité, passer par cette eau, et attaquer la ville, la prendre, même. Par cette voie (l'eau) des individus de tout acabit peuvent se livrer à toutes sortes de trafics illicites et dangereux pour la sécurité du pays. Il est inadmissible qu'on cache tout mouvement de navigation sur l'eau (Abidjan est, en réalité, une cité insulaire) à nos Forces de défense et de sécurité. Le contrôle de notre élément fluvial ne peut être laissé aux mains des Libanais. Dans aucun pays du monde, on ne cache la vue de l'eau aux regards des habitants de la cité. Regarder, voir et admirer l'eau, faire une balade d'amoureux au bord de l'eau est, en soi, un plaisir esthétique. Un immense plaisir. Et il faut vraiment être un refondateur ou un individu rustre, sans éducation esthétique, sans feeling, pour ne pas comprendre cela, et nous priver de ce plaisir des sens.
L'eau fait rêver. Elle actionne, dans notre cerveau, le processus du voyage onirique, de la découverte de l'ailleurs, de l'aventure, du désir merveilleux de conquérir le monde ! D'être purs, bons et généreux. Comme la nature ! L'eau est le lieu originel et mythologique de la pureté et de la Vie. L'espace où on purifie le corps et l'âme. Toutes les cultures au monde, connaissent ce pouvoir cathartique de l'eau. Cette puissance spirituelle qui produit une double énergie physique et méta-physique, et distribue la joie de vivre, partout où elle est visible. Et c'est pourquoi, Félix Houphouët-Boigny prenait grand soin de l'eau : c'était un homme cultivé, élégant et civilisé ! Mais les refondateurs, en transe devant l'argent, ont vendu l'accès visuelle à l'eau, notre eau, l'eau des ''fiers ivoiriens'', aux prospères Libanais. Ivoiriennes et Ivoiriens, je vous le dis : si les refondateurs pouvaient vendre la pluie aux Américains, aux Sud-africains et aux Libanais, ils le feraient. Sans état d'âme. Parce qu'ils sont sales et méchants. Sales dans l'âme. Sales dans le cerveau. Sales dans le cœur : ce sont des gens dangereux.
Une dernière note : nous avons appris, de source sûre, que les refondateurs ont lancé un mandat d'arrêt contre mon ami Venance Konan. Pour… offense au chef de l'Etat ! Lui aussi, connait l'offense ? Que n'avait-il dit, lui, d'Houphouët ''le voleur, le dictateur !''…
Les refondateurs ont, ainsi, décidé d'arrêter Venance Konan - leur angoisse nocturne. La machine répressive du Procureur Tchimou (qui n'en finit pas de nous ''procurer'' des inquiétudes citoyennes, quant à sa conception insolite de la Justice), s'est donc (enfin !) mise en marche. Nous en prenons acte.
Mais, que les refondateurs et leurs filous sachent, d'ores et déjà, que le combat de Venance Konan est le mien. La cause qu'il défend, est la mienne. La NOTRE. Car, nous sommes des milliers, dans ce pays, à penser comme lui. Régulièrement, les refondateurs nous envoient, par courriers anonymes et malpropres (je vous ai toujours dit que ce sont des lâches), des menaces de mort. Ils perdent leur temps : mourir pour la Côte d'Ivoire ne nous fait plus peur. Ce sera même, pour nous, un immense privilège de pouvoir offrir nos poitrines aux balles assassines de Philipe Mangou-la-gâchette-refondée ! Le Joe Dalton de la nouvelle république ! Pour la Côte d'Ivoire ! Mourir pour la Côte d'Ivoire ! Quel merveilleux sort ! La Côte d'Ivoire, ce pays, notre pays, que nous aimons. Passionnément ! Et je clame, haut et fort, mon engagement, non négociable, à mener le combat pour la salubrité éthique de la Côte d'Ivoire. Mon pays. Ma passion. Mon rêve souillé et sali par les refondateurs. Oui, nous sommes fatigués de vos menaces, sombres intimidateurs de l'ombre ! Allez, ôtez les maques et engageons, ouvertement, la bataille, cette fois-ci. Venez frapper. Nous vous attendons. La refondation : quelle honte!
Tiburce Koffi
Ecrivain, libre penseur.
Tél : 66-10-79-61
tiburce_koffi@yahoo.fr
Notes :
1 -(Re) lisez bien " Pourquoi je suis devenu un rebelle " dont l'auteur officiel porte le nom de Soro Guillaume…
2 - Le Courrier d'Abidjan, Le Nouveau réveil, Nord-Sud, 24 Heures, par exemple.
3 -Nous venons d'apprendre que Akissi Dodo, une obscure danseuse et une demi analphabète (je la connais), vient d'être nommée, PCA de la Sicogi ! C'est la preuve, vraiment désolante, que les refondateurs n'ont pas de cadres pour diriger la Côte d'Ivoire. On comprend pourquoi leur chef se livre tant, à l'achat de consciences, en appâtant les cadres des autres partis, avec de l'argent. 4 - La Sorbonne ne date pas, à vrai dire, de l'avènement des Refondateurs au pouvoir ; mais c'est sous leur règne que cet espace a pris un statut officiel de lieu de prestation oratoire des ''Patriotes''. 5 - La formulation, une inspiration de Niangoran Porquet, connut fortune dans le milieu estudiantin et intellectuel au cours des années 1980.  

22/10/2007 Pseudoscientific Bigotry in France

 

Published: October 21, 2007

Immigration issues bring out the worst instincts in politicians who should know better. Congress showed that earlier this year. Now it is the turn of France’s Parliament. It is moving toward final approval of an ugly new law that would introduce DNA testing as a potential basis for excluding prospective immigrants hoping to reunify with family members already living in France.

DNA testing can be a useful tool in establishing criminal guilt or innocence. But it has no rightful place in immigration law. Modern French families, like modern American families, are constituted on many bases besides bloodlines and genetics. This is something most French politicians and voters should be aware of.

They should also be aware of the cautionary lessons of modern French history. Under the Nazi occupiers and their Vichy collaborators, pseudoscientific notions of pure descent were introduced into French law with tragic consequences.

The DNA provision, proposed by a member of Parliament close to President Nicolas Sarkozy, has been angrily denounced by the center-left opposition, principled members of the center-right majority and a member of Mr. Sarkozy’s cabinet. As a result, the legislation has been hedged with some cautionary language, but not enough. Meanwhile, Mr. Sarkozy, who could have intervened to stop this bill at any point, and still can, has not, and is not very likely to.

Though himself the son of a Hungarian immigrant, Mr. Sarkozy has made his political name with harsh criticism of more recent immigrants, especially North African Arabs. His pandering on this issue helped win him votes that used to go to far-right extremists like the perennial presidential candidate Jean-Marie Le Pen.

Immigrant bashing is an effective vote-getter. Unfortunately, it leads to bad laws, bad policies and needless human suffering for the individuals and families it targets and exploits. Mr. Sarkozy wants to be seen as a statesman. He should act like one.


20/9/2007 La chasse des sans papiers est ouverte à l'école !

la chasse aux sans papiers
« Mesdames et Messieurs les directeurs, avez-vous connaissance de scolarisation d’élèves "sans papiers" dans votre établissement ? Dans l’affirmative, veuillez nous le faire savoir dans la journée par e-mail ou par téléphone au 03.89... En vous remerciant. » 
Haut-Rhin 17 et 18 septembre 2007

Courriel du 3e bureau de l’inspection d’académie du Haut-Rhin, à destination des écoles maternelles et élémentaires.
petit commentaire : petit à petit nous y arriverons sûrement, avec Sarkozy, et ce n'est que le début !


 

12/9/2007 Naufrage d'une nation

Gbagbo et le chef des rebelles Sorola Côte dIvoire pue très bien merci Messieurs

 

«La différence entre le politicien et l’homme d’Etat est la suivante : le politicien pense à la prochaine élection ; l’homme d’Etat, à la prochaine génération.» (James Freeman Clarke) 

Rien ne changera en Afrique et dans les relations que le continent entretient avec ses bourreaux d’hier et d’aujourd’hui tant que les hommes politiques, une fois arrivés à la tête des Etats africains, continueront de privilégier la conservation du pouvoir au détriment de la mise en application de l’idéologie qui les a poussés à la conquête de celui-ci. 

Ballon d’essai 

Quelques semaines avant l’adresse dakaroise musclée du président de la République française à l’endroit de la jeunesse africaine s’est tenu à Abidjan, sous l’égide d’une certaine Fondation nationale des Sciences Politiques de Côte d’Ivoire, un colloque ayant pour thème «Après les élections présidentielles : quelle politique africaine pour la France ?». 

Au-delà de l’aliénation des organisateurs reflétée à travers l’intitulé même de cet événement, c’est surtout le profil des participants qui a suscité, plus que des interrogations, une gêne certaine parmi tous ceux qui ont fait leur le combat pour l’émancipation de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique des chaînes coloniales françaises. Pourquoi un Voho Sahi, un Affi Nguessan ou un Alain Toussaint, réputés proches du président Gbagbo, sont-ils allés se compromettre dans ce raout, lors duquel ils ont, en toute passivité, accepté de se laisser insulter et ridiculiser par l’ambassadeur de France André Janier ? 

A posteriori, le colloque de l’autoproclamé think tank «indépendant» apparaît comme l’avant-première du discours de Nicolas Sarkozy à l’Université Cheick Anta Diop de Dakar. Mais comment cela a-t-il pu se produire ? Les dieux seraient-ils tombés sur la tête en Eburnie ? Comment ne pas éprouver un profond désenchantement en observant l’inexorable naufrage de la Côte d’Ivoire qui, alors qu’elle vient de fêter le 47ème anniversaire de son «indépendance», est en passe de devenir un des exemples les plus frustrants de l’échec d’un magnifique mouvement de libération qui avait pris corps avec l’accession de Laurent Gbagbo à la magistrature suprême en 2000 ? Explications. 

La guerre a bon dos, finalement 

Il y a en l'être humain une part d'horreur qui se libère lorsque l'impunité s'empare d’un pays. Dès lors que, comme cela est aujourd’hui le cas en Côte d’Ivoire, n’importe qui peut faire n’importe quoi sans être sanctionné, toutes les espérances d’émancipation deviennent caduques. 

Il est impossible que le président de la République ne perçoive pas ce que tout le monde voit, à moins qu’il ne soit totalement déconnecté de la réalité, ce qui serait loin d’être rassurant pour ses concitoyens. Son entourage le plus proche s’adonne au trafic d’influence, à la corruption généralisée, aux détournements de fonds sans qu’il ne se sente interpellé à réagir. Empêtré dans des manœuvres politiciennes, le chef de l’Etat ne peut apparemment se résoudre à trancher dans le vif. Alors que les militaires loyalistes laissent de plus en plus ouvertement éclater leur insatisfaction, les grèves et revendications succèdent les unes aux autres dans les services publics (médecins, enseignants, commerçants etc.) tandis que la déliquescence des mœurs et du système éducatif s’accroît. Les rues et trottoirs d’Abidjan croulent sous des tonnes d’ordures ménagères, intoxiquant les populations de la capitale aussi sûrement que les déchets toxiques déversés au bord de la lagune Ebrié il y a très exactement un an, avec la complicité ou grâce à l’incompétence de hauts responsables de la place, qui ont presque tous été maintenus à leurs postes après des suspensions homéopathiques. 

La glorification inconditionnelle des rebelles a envoyé des signaux sans équivoque aux jeunes générations. «Tue, et tu seras récompensé». «Prends les armes contre tes concitoyens, et tu deviendras premier ministre». «Viole, pille et n’apprends rien à l’école, et les représentants des plus hautes institutions te recevront chez eux et te feront de grands sourires lors de manifestations officielles». Cette situation est d’autant plus cauchemardesque que l’apologie de la médiocrité et de la barbarie observée actuellement en Côte d’Ivoire est prônée par des individus qui se sont eux-mêmes toujours battus sans faire usage de violence. 

L’«arrosage financier» d’opposants sans envergure et qui ne représentent absolument aucun danger pour le président est une pratique que les Ivoiriens n’ont pas souhaité voir perdurer lorsqu’ils ont porté Gbagbo à la tête de l’Etat. Le voir s’y adonner à cœur joie est une désillusion immense. L’érection de Guillaume Soro en partenaire privilégié du «dialogue direct» alors que ce dernier ne représentait plus rien et était en train de prendre la poudre d’escampette en est un exemple patent. Ceci expliquant par ailleurs les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de l’Accord de Ouagadougou, notamment en ce qui concerne le désarmement, l’actuel premier ministre se révélant être une coquille vide au poids quasi négligeable au sein de la rébellion. Que dire des centaines de millions de francs CFA généreusement octroyés par le président de la République aux déserteurs du RDR (Zémogo Fofana) ou de l’UDPCI (Noutoua Youdé), alors que ces formations politiques avaient déjà auparavant été laminées par les campagnes de la Paix menées par certains leaders patriotes ? Pendant ce temps, les populations ordinaires continuent de tirer le diable par la queue, au nom d’une guerre qui a finalement bon dos et qui ne cause pas le malheur de tout le monde. 

Les mains sales 

A force d’avoir voulu personnaliser la crise, Laurent Gbagbo se retrouve aujourd’hui seul en première ligne. Son refus de sanctionner les prédateurs qui lui sont proches décrédibilise totalement le parti qu’il présidait lors de son élection et entame sérieusement l’aura dont il a bénéficié quand son ardeur à lutter contre le néocolonialisme français ne s’était pas encore volatilisée. Aujourd’hui, même le président camerounais Paul Biya, au curriculum pourtant peu reluisant et dont le pays est synonyme de corruption et de systèmes mafieux, a meilleure image que Laurent Gbagbo. Paul Biya a fait arrêter des ministres, directeurs généraux de sociétés d’Etat et autres hauts fonctionnaires pour corruption. Un des amis les plus proches de la première Dame, l’ancien directeur général du Fonds spécial d'équipement et d'intervention intercommunale (FEICOM), vient d’être condamné à cinquante (50) ans de prison pour des détournements se chiffrant à plusieurs milliards de francs CFA. Le ministre des mines et de l’énergie, cacique du régime, a été arrêté alors qu’il était en fonction et croupit depuis maintenant plus d’un an et demi derrière les verrous. 

Ce genre d’opération «mains propres» est indispensable pour rétablir la confiance entre le peuple et le chef de l’Etat d’une part, et les investisseurs et l’Etat de Côte d’Ivoire d’autre part. En fermant les yeux sur la réalité certes peu affriolante qui l’entoure, Laurent Gbagbo ne se donne pas un beau rôle. Il est des moments où il devient essentiel de réduire les choses à leur plus simple expression. Johnnie Cochran, l’avocat qui a défendu avec succès O.J. Simpson, l’ex star du football américain accusé de double meurtre, a donné un exemple frappant des raccourcis qui sont parfois nécessaires pour illustrer des situations pouvant de prime abord paraître très complexes. «If the glove doesn’t fit, then you must acquit», avait-il exigé lors du procès en 1995, devant les difficultés flagrantes qu’éprouvait l’accusé à revêtir les gants dont s’était servi l’assassin. Transposé à la situation ivoirienne, cela signifie simplement que si Gbagbo ne sanctionne pas, c’est donc qu’il cautionne. 

La révolte, à terme, a revêtu les habits des satrapes contre lesquels elle s’est érigée 

Il serait inopportun d’affirmer que la situation actuelle de la nation éburnéenne a été de tout temps souhaitée par le président de la République. En effet, nul ne peut nier que, juste après son accession au pouvoir, il a tenté de casser le joug colonial français en ouvrant le marché ivoirien, jusque là exclusivement réservé aux entreprises gauloises, aux investisseurs locaux et étrangers les mieux-disants. Il a également fait preuve de détermination lorsqu’au début du conflit, en 2002, il a entrepris les démarches nécessaires pour mettre en échec les assaillants. Mais beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis lors. Le président Gbagbo, autrefois icône de la lutte contre l’impérialisme français, est aujourd’hui en passe de devenir le co-auteur du naufrage de la nation ivoirienne. Question de caractère ? Toujours est-il que Laurent Gbagbo a renoncé. Il a renoncé à aller au bout de sa logique de libération d’antan. Il a renoncé à affronter l’oppresseur. Il a renoncé à extraire le pays du nauséabond système françafricain. Il a renoncé à mettre en place les mécanismes nécessaires à une bonne gestion de l’Etat ivoirien. Il a renoncé à s’entourer d’hommes compétents et loyaux, comme si ces deux qualificatifs s’excluaient de facto et qu’un choix s’imposait entre savoir faire et fidélité. 

Mais quelle malédiction amène donc les dirigeants africains, aussi bien les marionnettes décérébrées à la solde de Paris que ceux qui, pour des raisons difficiles à appréhender, ont fait le choix d’abandonner leur originel combat anti-impérialiste, à assurer une bonne et heureuse retraite à tous les anciens colons à la reconversion réussie, embusqués ici et là dans des multinationales comme Bolloré, Total, Areva, Orange et dont l’existence est connue et démultipliée à l’infini grâce à leur tacite et sournoise collaboration ? 

C’est ainsi que l’on observe que des idéalistes, confrontés à des circonstances «favorables», se transforment en tyrans et perpétuent les us de ceux qu’ils ont combattus. Avant de mettre de côté les ambitions de développement qu’il nourrissait pour son pays, Gbagbo avait eu le courage de vouloir abolir le statut de chasse gardée hexagonale dont était estampillée la Côte d’Ivoire. Mais cela est bien loin. Le contrat d’exploitation de la SODECI (Société de Distribution d’Eau de la Côte d’Ivoire) propriété du groupe Bouygues, arrive sous peu à expiration et doit être renégocié. Les observateurs avertis prévoient déjà, comme lors de la rocambolesque attribution du terminal à conteneurs du Port d’Abidjan à Bolloré, le renouvellement de gré à gré du contrat au profit de l’entreprise française, dont les moindres représentants de passage à Abidjan sont toujours reçus avec moult égards par le président de la République de Côte d’Ivoire. 

Changer les idées d’une époque est plus aisé que de faire évoluer ses propres idées

Le statut de révolutionnaire ne se décrète pas, il se conquiert par la force des actes posés. Recevoir Muammar Kadhafi, s’entretenir avec Mahmoud Ahmadinejad ou poser sur une photo à côté de Paul Kagame ne fait pas de Laurent Gbagbo un révolutionnaire. Il acquerra cette étiquette le jour où il aura le courage d’entreprendre des actions en adéquation avec les discours hâbleurs auxquels il s’adonne avec une efficacité déclinante. La crédibilité de Laurent Gbagbo a souffert des compromissions inexpliquées auxquelles il continue de se livrer, en dépit du bon sens. Ne pas réclamer le départ de la force d’occupation française Licorne et du 43ème BIMA s’assimile, même pour les plus ardents partisans de Gbagbo, à une veulerie. Faire annoncer par ses services un coup de fil nocturne du très agité président français comme une victoire politique est à tout le moins risible. La tolérance, voire la bienveillance à l’égard des rapaces corrupteurs et spoliateurs, qu’ils soient refondateurs, ivoiriens ou français, est blasphématoire. 

Le président de la République ivoirienne, Laurent Gbagbo, apparaît de plus en plus coupé de sa base. Le temps où il arrivait à faire croire à ses partisans que toutes les reculades, génuflexions et transactions douteuses faisaient partie de sa grande et nébuleuse stratégie pour la libération de la Côte d’Ivoire est révolu. A force d’avoir clamé partout et sur les tons les plus dictatoriaux que la guerre est finie, il se retrouve aujourd’hui au pied du mur. Le temps des beaux discours et des cérémonies symboliques à coup de 800 millions de francs CFA est terminé. Bien sûr, Gbagbo dispose encore de soutiens qui croient en sa bonne foi. Mais leur nombre rétrécit comme peau de chagrin jour après jour. L’unique solution consiste à réagir et à sanctionner ceux qui le méritent. Le chef de l’Etat doit prendre les décisions politiques et économiques qui s’imposent pour libérer le pays de l’étau françafricain qui le strangule. La France a tenté de le renverser et a fort heureusement échoué. Par contre, Gbagbo, en laissant faire et en encourageant la gabegie ambiante, s’expose au courroux du peuple ivoirien. Celui-là même qui le châtiera aux prochaines élections, qu’il a à présent toutes les raisons de craindre, ce qui n’était pas le cas ces dernières années. 

Alors, un peu comme George Bush qui agite la rumeur d’une prochaine attaque terroriste d’Al-Qaida sur les Etats-Unis chaque fois qu’il est en difficulté sur le plan intérieur, le pouvoir FPI ressort aujourd’hui de ses tiroirs le spectre d’un imminent coup d’Etat fomenté par la France et ses vassaux du RHDP, pour essayer de remobiliser sa base durement éprouvée et ayant perdu confiance quant aux capacités et à la volonté du président de la République de sortir de la crise et d’appliquer les principes d’une bonne gouvernance. Difficile cependant de convaincre l’opinion du bien-fondé de ces accusations lorsque l’on s’entête à nager à contre-courant de la volonté populaire qui exige depuis belle lurette le départ des troupes françaises de Côte d’Ivoire, et que l’on déplore à mots couverts n’avoir «pas encore reçu d’invitation» pour une visite officielle en France qui n’est pas exclue de l’ordre du jour, comme l’a confirmé Laurent Gbagbo dans une interview accordée à la télévision sud africaine SABC la semaine dernière. 

Fin d’une love story 

La Côte d’Ivoire a aujourd’hui besoin d’être dirigée par des hommes intègres et courageux. Des hommes qui ne se compromettent pas par des manœuvres politiciennes visant la préservation de leur pouvoir à n’importe quel prix. Parce que finalement, ce n’est pas Laurent Gbagbo et la clique de prédateurs qui l’entoure qui ont payé et continuent de payer le prix fort de cette crise qui s’éternise déraisonnablement. Les plus grandes victimes, – au-delà de ceux et celles qui ont perdu leurs vies et que le chef de l’Etat n’a d’ailleurs jusqu’ici pas trouvé bon d’honorer, alors qu’il n’a éprouvé aucune difficulté à décorer des rebelles (morts ou vivants) –, sont les populations ivoiriennes. 

La loyauté à la République n’implique en aucune façon le devoir de faire inconditionnellement allégeance à Laurent Gbagbo, n’en déplaise à l’occupant du Palais du Plateau. Les tendances monarchiques du président sont dangereuses. Aujourd’hui, quiconque s’autorise à critiquer le chef de l’Etat ou même à s’interroger sur les tenants et aboutissants de ses décisions est soupçonné voire accusé de tentative de déstabilisation. Du pur bushisme, maccarthysme exponentiel. Si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi. En lieu et place de la conviction et de la persuasion, le régime actuellement au pouvoir en Côte d’Ivoire a dorénavant recours à la coercition et aux diktats. Triste bilan, pour des gens qui ont toujours clamé placer la liberté d’expression et la liberté intellectuelle au-dessus de tout. 

Laurent Gbagbo, qui avait pourtant réussi à fédérer massivement autour de lui tous les adeptes de la Renaissance du continent noir, semble bel et bien être définitivement sorti du schéma de construction d’une Afrique nouvelle, digne et libre. Côte d’Ivoire, yako ! 

Mahalia Nteby in AgoraVox, le 30 Août 2007


14/8/2007 de l'expulsion du mouton noir !

lexpulsion du mouton noir

Un triste et obscurantiste parti politique Suisse l’UDC une sorte de Front National « blancs des blancs » suisse, est devenu très visible depuis que ses leaders siègent ou ont fait main basse sur le « conseil national » (un conseil national au sein duquel ils ont réussit à être majoritaire, depuis aussi que l’un des leurs siège au conseil fédéral ). Ce mouvement laisse entendre sur un site http://www.typo3start.ch/sites/ausschaffungd/ et sur des panneaux géants à fortes doses nocives et dangereuses, affichés dans les villes de la confédération Helvétique que les citoyens Suisses sont menacés par les étrangers, en cela que pour eux " il n'y a guère d'autre pays au monde où vivent autant d'étrangers qu'en Suisse. Si la majeure partie d'entre eux respectent nos lois, on compte un nombre trop élevé d'étrangers qui abusent de notre hospitalité. Ils commettent des délits graves, menacent notre propriété et même notre intégrité physique et notre vie”
Nous ne vivons pas encore en Suisse mais nous connaissons très bien ce pays tout comme d’autres pays importants de ce monde.
Aussi nous nous insurgeons contre cette affiche mensongère et haineuse de sieur Ueli Maurer président de ce groupuscule et très malfaisant parti politique, contre les populations étrangères du point de vue, même de l’idée véhiculée de l’invasion étrangère et de celui du graphisme du mouton noir criminalisé et chassé du périmètre du drapeau Suisse.
Nous protestons ici pour marquer notre indignation contre cette campagne d’un autre âge qui ne fait pas honneur d’abord aux autorités suisses et ensuite aux populations des villes du pays qui l’accueillent en fermant les yeux ou en étant totalement et probablement complices. Ailleurs dans d’autres pays ces affiches ne resteraient pas plus d’une nuit dans les rues, les citoyens auraient déjà fait le travail adéquat.
Certains citoyens suisses que nous avons rencontrés, dans leur majorité en sont tout autant indignés, troublés et outrés par cette attitude finalement classique qui consiste à tirer à boulets rouges et à accuser les étrangers (bien sûr) de tous les péchés d’Israël. Accuser les étrangers pour se faire une place politique au soleil et RIEN d’autre.
Au nom de quoi, et à quel titre légitime, in fine, des citoyens suisses gueulards comme Samuel Schmid, Christoph Blocher ou Ueli Maurer peuvent-ils imposer de cette façon brutale et violeuse des rues et de la vue, du regard, de la morale, et du respect de leurs concitoyens, leurs convictions personnelles et haineuses à la majorité paisible, accueillante et hospitalière de toute la Suisse ?   
La mauvaise foi du dit partie « Die Partei des Mittelstandes » est manifeste et outrageante car toute la substance de son message et de sa campagne est fausse et destinée subtilement aux personnes de peu de cultures, d’éducations et d’ouvertures d’esprits que peut regorger encore la Suisse à l’instar de tous les pays du monde.
Cette fausse idée peut à la longue, à force d’être rabâcher atteindre des personnes averties, d’où la sonnette d’alarme que nous lançons à travers ce posting.
Ces tristes gueulards de l’UDC peuvent-ils tout autant vouloir chasser les étrangers de la Suisse receleuse, tout en fermant les yeux sur l’autre dimension de « coffre fort » se ce pays qui est bien celle d’accueillir toujours discrètement encore les énormes fonds convoyés depuis les pays d’origines de beaucoup de ces étrangers par des dirigeants corrompus ? N’est-ce pas cela le travail à faire ? Faire campagne justement pour arrêter de recevoir l’argent sale et l’argent volé aux pauvres du monde entier. Heureusement pour ces tristes sires de l’UDC aux grosses godasses, et aux poches pleines, la honte ne tue pas !
C’est cela, la véritable question que les suisses doivent débattre à commencer par les affairistes de l’UDC qui ne critiqueront jamais ce qui est à l’origine de leur politique volontaire d’isolement croissante qui fait de la suisse le seul pays politiquement "non européen" restant au cœur de l’union européenne quand d'autre spays pays européens comme le Luxembourg y sont.
La Suisse s’isole parce que ces chers politicards de Ueli Maurer, Christoph Blocher et autre Schmid veulent continuer de laisser certainement entrer l’argent sale ou d’origine douteuse dans le sang financier de ce pays sans recevoir des leçons des autres. Parfois c’est bien trop facile de tirer sur celui qui ne peut se défendre que d’affronter les vrais enjeux de son pays. Les suisses n’en sont pas encore à compter l’espace vitale et à mesurer la quantité d’air respirable dans le bateau. Alors trêve de conneries et de campagnes nauséabondes pour installer la psychose inutile dans l’esprit du petit peuple.

Dr. Koffi YAO


14/8/2007 Quand Koulibaly devient lucide !

   

 

L

e professeur Mamadou Koulibaly, président de l'Assemblée nationale, a publié un étrange texte dans Fraternité Matin le 4 août dernier. Etrange, ce texte l'est à plusieurs égards. D'abord, dans un rare accès de lucidité, le président de l'Assemblée nationale fait une violente critique du régime FPI baptisé " la Refondation " dont il est pourtant le numéro deux, comme on en a rarement vu. Mais curieusement, il accuse ceux qui font les mêmes critiques que lui de vouloir que la France revienne coloniser notre pays. D'autre part, il se livre à une curieuse comparaison entre les modèles de développement des pays africains et asiatiques, sans que l'on voie le rapport avec les turpitudes de la refondation.
Ainsi le numéro deux de la Refondation écrit-il ceci : " la corruption se généralise avec ce type de gouvernement dit de " réconciliation nationale ". Et les Refondateurs, qui sont eux aussi des humains, perdent leurs repères et se laissent aller, avec négligence, dans le piège de la mauvaise gouvernance. L'ordre et la discipline qui avaient marqué les premières années du pouvoir de Gbagbo cèdent la place au désordre et à l'indiscipline dès 2003. Le racket, la tricherie aux examens et concours, les pots-de-vin, les trafics d'influence, l'enrichissement rapide injustifié, qui étaient en train d'être maîtrisés durant les premières années de la Refondation, se déchaînent et se réinstallent comme au temps du parti unique…A l'époque de l'opposition, les Refondateurs n'acceptaient pas les atteintes à l'éthique de la démocratie et de la société ouverte. Aujourd'hui, avec la Rebfondation (un néologisme inventé par M. Koulibaly, NDA.), nous gardons un silence coupable sur les violences faites à l'éthique, quand nous n'applaudissons pas les hauts faits de ces nouveaux " grilleurs d'arachides ". A l'époque, nous envisagions de conduire les faussaires et autres criminels devant les tribunaux ; aujourd'hui nous leur dressons la table et nous leur passons le menu pour qu'ils viennent faire ce à quoi nous nous sommes laissés aller : manger. " Et le professeur Koulibaly termine en écrivant que ceux qui critiquent la Refondation ne font en réalité que crier cette complainte : " nous sommes incapables de nous prendre en charge, incapables de nous occuper de nous-mêmes, nous refusons le développement. Alors, tendre et douce France, ne nous abandonne pas, reviens nous prendre pour nous rendre heureux. " Avant d'entrer dans le débat, ajoutons au constat fait par le professeur Koulibaly de la gestion du FPI les meurtres, les viols et toutes les autres violations massives des droits de l'homme, l'école, l'hôpital, la fonction publique, assassinées, les revenus des paysans ainsi que l'argent du pétrole détournés, la démocratie piétinée, etc. La liste est longue. Très longue. Nous n'entrerons pas dans le débat qu'a voulu susciter le professeur Koulibaly sur les modèles de développement africains et asiatiques. Notre ami Tiburce Koffi a magistralement démonté les théories fumeuses de M. Koulibaly dans son article paru le vendredi 10 août dernier dans le " Nouveau réveil ". Mais revenons sur quelques unes des incantations favorites des refondateurs et que le professeur Koulibaly a reprises dans son article. Il s'agit d'abord de l'accession démocratique du FPI au pouvoir. L'histoire est encore fraîche dans les mémoires. M. Mamadou Koulibaly, tous les Ivoiriens et le monde entier savent que les Refondateurs sont arrivés au pouvoir à la suite de l'élimination par Robert Guéï de tous les candidats sérieux, sous des arguments les plus fallacieux, par une justice aux ordres. Lequel des arguments avancés par le président de la Cour Suprême pour éliminer les candidats qui pouvaient faire de l'ombre à Robert Guéï et Laurent Gbagbo pouvait résister à la moindre analyse ? Le président de cette Cour Suprême n'a-t-il pas par la suite affiché son appartenance au parti créé plus tard par Robert Guéï ? Il est vrai que nous avons cautionné cette mascarade d'élections par notre lâcheté, et que nous sommes dans un pays de magie où l'on croit qu'à force de faire des incantations, nos désirs finissent par devenir réalité. Mais que les Refondateurs n'insultent pas la démocratie en essayant de nous faire croire qu'ils sont arrivés démocratiquement au pouvoir. Une autre des incantations des Refondateurs est celle qui consiste à répéter inlassablement qu'ils étaient en train de nous conduire vers le bonheur le plus parfait à travers la réalisation du programme de gouvernement du génial Laurent Gbagbo qui repose sur l'école gratuite, l'Assurance Maladie Universelle, et la décentralisation lorsque la guerre est survenue. A-t-on besoin de répéter encore une fois aux Refondateurs que lorsque l'on dirige un pays, l'on est aussi responsable de sa sécurité ? M. Gbagbo est arrivé au pouvoir au moment où de nombreux militaires avaient fui le pays à cause des exactions commises par Robert Guéï contre eux, et aussi au moment où nos relations avec le Burkina Faso étaient des plus exécrables. Qu'a fait le génial Gbagbo pour arranger la situation ? Il a lancé des mandats d'arrêt contre les soldats qui vivaient à l'étranger, a fait juger les généraux Palenfo et Coulibaly qui s'étaient brouillés avec Guéï au moment du partage du pouvoir qu'ils avaient acquis de manière scélérate, et a lancé des menaces contre les pays voisins qui nous chercheraient noise, plutôt que de se réconcilier avec eux. Quelques mois après son accession au pouvoir, il y a eu l'attaque de la nuit du 7 au 8 janvier 2001. Elle a été repoussée. Avait-on besoin d'être sorcier pour savoir que ces assaillants reviendront un autre jour à la charge ? En son temps, nous avions entendu feu Boga Doudou dire publiquement qu'il savait qu'il y avait des déserteurs de notre armée qui s'entraînaient au Burkina Faso pour venir attaquer la Côte d'Ivoire, qu'il savait à quels feux rouges ils s'arrêtaient, quelles boîtes de nuit ils fréquentaient. Nous avions aussi entendu M. Laurent Gbagbo annoncer publiquement qu'il allait créer deux divisions pour sécuriser le nord. L'a-t-il fait ? Alors, lorsque l'on a toutes ces informations sur une attaque en préparation contre son pays et que l'on se laisse surprendre, c'est que l'on est tout simplement inapte à diriger un pays. Et si nous n'avions pas une opposition politique totalement irresponsable et une société civile inconsciente, il y a longtemps que les Refondateurs seraient passés en jugement pour forfaiture. D'autant plus que, après son limogeage, le ministre de la défense de l'époque avait dit qu'il avait voulu acheter des armes mais que le Premier ministre et ses collègues ministres se sont assis sur le dossier parce qu'ils voulaient toucher des commissions. Alors, que l'on cesse une bonne fois pour toutes de chercher à berner le peuple ivoirien : la guerre est de la totale responsabilité des Refondateurs qui avaient déjà montré là leur inaptitude à diriger ce pays. Parlons à présent du fameux programme de société de Laurent Gbagbo. L'école gratuite ? M. Koulibaly est de notre génération et il a fait la plus grande partie de ses études dans ce pays. Et il sait qu'à notre époque, l'école était déjà gratuite. Non seulement nous ne payions rien, mais nous avions tous des bourses depuis le collège. A l'université, nous étions tous boursiers, logés et transportés en cars pour aller aux cours. M. Koulibaly sait que pour aller faire ses études en France, il a bénéficié d'une bourse sans qu'il ait eu à faire une quelconque allégeance à qui que ce soit. On a juste tenu compte de ses résultats universitaires, comme ce fut le cas pour tout le monde. Alors, si les Refondateurs veulent réinventer l'eau chaude, c'est leur problème, mais que l'on ne nous fasse pas croire que c'est une grande découverte. Mais, pendant que les Refondateurs parlaient d'école gratuite, à quoi avons-nous assisté ? A la destruction systématique de l'école publique pendant qu'ils construisaient des écoles et des universités privées afin de s'enrichir. Aujourd'hui, tout parent responsable est obligé de se saigner pour envoyer ses enfants dans des écoles privées s'il veut qu'ils aient une petite chance de réussite. Au temps de Mamadou Koulibaly, qui est aussi le nôtre, à quelques exceptions près, les écoles privées servaient à récupérer ceux qui avaient été rejetés par l'enseignement public. Aujourd'hui où l'on parle d'école gratuite, c'est exactement le contraire.
L'Assurance Maladie Universelle ? Pour soigner gratuitement les populations, il fallait qu'il y ait des centres de santé et des médecins. Combien de dispensaires les Refondateurs ont-ils construits ? Combien de médecins ont-ils recrutés ? M. Koulibaly, ne nous dites pas que c'est à cause de la guerre. Vous avez démontré dans votre article que les recettes de l'Etat ont augmenté malgré la guerre et la masse salariale aussi. Vous avez écrit : " Tout se passe comme si l'Etat utilisait la totalité des recettes de la direction générale des impôts ou de la direction générale des douanes pour payer le niveau de vie de ses fonctionnaires, oubliant les populations qui attendent des centres de santé, des routes, des écoles… " La guerre n'a rien à voir dans l'affaire. Les socialistes que vous prétendiez être aviez choisi d'augmenter les fonds de souveraineté du président de la république, les salaires des ministres, des députés, des conseillers économiques et sociaux, plutôt que de penser au peuple. Vous aviez choisi de recruter des policiers plutôt que des médecins. Vous aviez choisi de construire un vilain hôtel des députés à coût de dizaines de milliards à Yamoussoukro, plutôt que des centres de santé. N'est-ce pas pendant cette guerre que le chef de l'Etat a enterré à très grands frais son père ? N'est-ce pas d'ailleurs à cette occasion, que nous avons découvert, grâce au reportage de M. Jean-Baptiste Akrou dans Fraternité Matin que le chef de l'Etat s'était construit un vrai château dans son village pendant que les autres Ivoiriens souffraient des affres de la guerre? N'est-ce pas dans cette période de guerre que le chef de l'Etat est en train de construire un nouveau palais de la présidence, un nouveau palais de l'Assemblée nationale, un nouveau palais d'un sénat qui n'existe pas dans notre constitution à Yamoussoukro ? Alors, votre AMU, c'est juste de la poudre aux yeux des imbéciles. Le sort du peuple ne vous a jamais intéressé. Vous l'avez compris et écrit dans votre article.
La décentralisation ? Seuls les refondateurs ont oublié qu'elle avait déjà été adoptée à l'Assemblée nationale au temps du président Bédié. Alors, s'ils veulent redécouvrir l'Amérique, c'est leur problème. Les refondateurs ont achevé de démontrer au peuple ivoirien qu'ils sont incompétents, violents, veules, corrompus, criminels. Ils ont déjà conduit le pays à sa ruine. Ils commencent à le reconnaître eux-mêmes. Veulent-ils que nous les laissions détruire complètement ce qui reste ? M. Koulibaly écrit ceci : " les défenseurs de ces différentes thèses fondent leur argumentation sur le raisonnement suivant : les Refondateurs, après avoir critiqué l'ancien régime, sont tombés eux aussi dans les mêmes travers. Donc il faut leur retirer le pouvoir et le remettre à ceux que les Français avaient choisis, au commencement de l'histoire de notre indépendance, pour gouverner la Côte d'Ivoire. A défaut, disent les extrémistes de cette vogue, la France n'a qu'à venir nous recoloniser et reprendre ce qui est à elle. " D'abord, il est évident que devant autant de forfaitures de la part du pouvoir FPI, le peuple serait tout simplement suicidaire s'il le reconduisait. Mais heureusement, le peuple a mûri, et même ceux qui avaient peur se mettent désormais à parler. Et nous savons que, même malgré l'incompétence notoire des deux leaders actuels de l'opposition, le peuple ne veut pour rien au monde prolonger ses souffrances en remettant les Refondateurs au pouvoir. Il y a des limites au masochisme. Il y a heureusement encore des femmes et des hommes de valeurs dans ce pays. Des hommes et des femmes compétents, patriotes, honnêtes et porteurs d'un vrai projet pour leur pays. Mais dans l'entendement de M. Koulibaly, vouloir chasser les voleurs de Refondateurs, c'est faire revenir la France. M. Koulibaly a visiblement des problèmes avec la France qui nécessitent peut-être une psychanalyse. C'est son problème, pas le nôtre. Mais les faits ont largement démontré que ceux qui étaient là au moment de notre indépendance ont mieux fait que le FPI. Si ce pays tient encore c'est grâce à leur travail. Lorsque M. Gbagbo clame partout que ce pays est solide, qu'il est le poumon de la sous région, que nous devons gouverner la BCEAO parce que nous y détenons le plus d'argent, c'est parce que ceux qui l'ont précédé au pouvoir ont fait du très bon travail. Alors, si, comme le dit M. Koulibaly, ils ont été choisis par la France, nous n'avons donc qu'à remercier ce pays. Pour terminer, reconnaissons le courage de M. Koulibaly qui a osé mettre le doigt sur les dérives de la Refondation. Mais, nous ne le féliciterons pas. Parce qu'il est le numéro deux de ce régime, donc entièrement responsable de ses méfaits. Nous le féliciterons le jour où, allant jusqu'au bout de sa logique, il démissionnera pour se mettre aux côtés des hommes et des femmes qui ne veulent pas que ce pays sombre corps et âmes à cause des turpitudes du FPI.


Venance Konan, journaliste, écrivain. Email : venancekonan@yahoo.fr


15/2/2007 Angelo Soliman



À la cour d'Autriche, Angelo Soliman (1731-1796), de son nom africain Mmadi-Make, fut un personnage célèbre. Chamberlain du prince de Wenzel et précepteur du fils du prince Franz Joseph de Liechtenstein, il épousa secrètement en 1768 Magdalena C. Kellerman, sœur de Kellermann, général de Napoléon et duc de Valmy. Selon un de ses biographes, l'historienne allemande Monika Firla, Charles X de France, en visite à Vienne en 1791, invita leur fille Joséphine à danser lors d'un bal. Franc-maçon à partir de 1781 dans la même loge que Mozart, Soliman devint, sous le nom de Massinissa, célèbre roi africain de l'Antiquité, un des responsables de sa loge dont les membres étaient d'éminents intellectuels viennois

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