10/11/2007 Le ministre Guikahué : "Je ne pense pas que le FPI ait signé l’accord sans parler de désarmement"
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Santé du PDCI
Le PDCI se porte bien, c'est un parti qui est dans l'opposition et qui joue son rôle de parti d'opposition. Depuis la dernière réunion du bureau politique de Mai 2005, il a décidé d'organiser une tournée générale du président du parti dans les bases. C'est ainsi que Dabou a été visité le 22 septembre dernier et dans quelques heures, le Président Bédié se rend à Koumassi. Donc le PDCI est un parti en mouvement actuellement, qui met les bouchées doubles et qui anime très bien cette période pré-électorale.
L'importance que le PDCI donne au meeting de ce samedi à Koumassi
Après une ville de l'intérieur du pays, nous attaquons la ville d'Abidjan. Donc après l'intérieur, nous attaquons le district d'Abidjan par la commune de Koumassi. Nous allons assister ce samedi à un déferlement de militants. Peut-on dire que Gbagbo a gagné la guerre quand on entend le porte-parole des Forces nouvelles Konaté Sidiki demander un nouveau gouvernement sans le PDCI ?
Gagner la guerre dans un pays c'est restaurer l'intégrité territoriale. Aujourd'hui, le pays est toujours divisé en deux. Donc Gbagbo n'a pas gagné la guerre même si il ne l'a pas perdue.
Le PDCI regrette t-il d'avoir pris une position de départ qui a cautionné les rebelles qui leur a donné un certain coffre et aujourd'hui se rebiffent contre le PDCI ?
Je dis non ! Le PDCI n'a aucun regret. Le PDCI n'a pas soutenu une personne, le PDCI a soutenu une conviction. C'est-à-dire nous, nous voulons la paix, le dialogue, la tolérance. Hier Konaté Sidiki n'était pas au gouvernement. Nous, nous sommes en train de lutter au PDCI-RDA. Comment fonctionne une vraie démocratie. Donc nous sommes en train de lutter et nous sommes sûrs de gagner les prochaines élections avec le Président Henri Konan Bédié. Le Président Bédié formera un gouvernement. Ce n'est pas parce que le gouvernement est formé que le PDCI disparaît. Le PDCI aura son bureau politique, le PDCI donnera une ligne directrice au gouvernement. Le gouvernement va appliquer la politique du PDCI. Mais de temps à autre, le PDCI doit faire une pause pour dire "où est-ce que nous allons ?" A l'allure où nous allons, est-ce que nous allons convaincre les Ivoiriens pour leur dire qu'ils ont bien fait de nous élire ? C'est cela un parti politique. Ce n'est pas parce qu'aujourd'hui le PDCI a des membres dans le gouvernement de Soro qu'on va se taire. J'ai lu ce matin dans une presse que le porte-parole de Soro dit que les audiences foraines qui devraient se terminer le 25 décembre 2007, vont prendre fin le 29 février 2008. Donc lui-même dit qu'ils sont en retard. Alors dire que quelqu'un est en retard c'est mal faire ? Le PDCI ne regrette rien. Le PDCI a décidé, le PDCI poursuit. C'est un peu ça le PDCI. C'est l'image que faisait le Président Houphouët entre la Côte d'Ivoire et l'apartheid en Afrique du sud. Usher Assouan, paix à son âme, disait "Houphouët-Boigny a eu tort d'avoir eu raison trop tôt. C'est cela le PDCI. Demain les gens se promèneront et ils reviendront sur la médiane que représente le PDCI pour dire que le PDCI avait raison. Sidiki nous démontre aujourd'hui que nous (le PDCI) n'étions pas les alliés des rebelles. Parce que si nous étions ensemble, il ne parlerait pas comme il le fait aujourd'hui. Le PDCI n'a aucun regret. Tout ce que dit Konaté Sidiki ne nous concerne absolument pas (…) Le PDCI est soucieux et veut que l'accord de Ouaga aboutisse. Souvent quand vous êtes dans un groupe, il vous arrive d'être contre celui qui vous critique. Or celui qui ne dit rien, prie secrètement pour que tu échoues et il se moque de toi. Donc aujourd'hui, celui qui critique doit être ton ami. Il faut te dire que si ton ami te critique c'est que ce qu'il dit est vrai. Parce que l'accord de Ouaga a été signé le 04 mars 2007, pour 10 mois donc jusqu'au 04 janvier 2008 cela fait 10 mois. La première action qui est les audiences foraines qui doit finir avant janvier, on dit désormais que c'est en février qu’elles vont finir. C'est-à-dire un mois après ce qu'eux-mêmes ont signé. En tout cas, moi, tous les matins, si cela ne me gène pas, je vais m'inquiéter. Et qu'on me laisse le droit de m'inquiéter, d'avoir des préoccupations parce que je ne sais pas de quoi demain sera fait (…) On vous dit souvent qu'il faut que le PDCI sorte du gouvernement. Mais ça c'est le conseil de ceux qui n'aiment pas la Côte d'Ivoire. Pouvez-vous vous mettre dans la tête un instant que la Côte d'Ivoire peut vivre si le PDCI dit nous, nous sortons du gouvernement ? Mais c'est une crise qui sera plus profonde. Le PDCI fait des sacrifices. Le Président Houphouët a formé plusieurs gouvernements, Bédié en a formé et puis bientôt on en formera encore parce que le PDCI gagnera les élections. Seulement nous ne voulons pas créer des problèmes à la Côte d'Ivoire. Sinon nous on peut sortir du gouvernement et ce n'est pas des ministres que nous n'avons pas. On en a plein. On a formé, on a gouverné pendant 40 ans. On a formé des gouvernements. Nous étions assis chez nous et on nous a dit, venez, on va gouverner ensemble. Le PDCI a dit OK. Comme il s'agit de la Côte d'Ivoire, nous venons. Mais si demain les gens disent qu'ils ne veulent plus du PDCI au gouvernement vraiment le PDCI ne va pas maigrir du tout. Cette affaire de sortir du gouvernement n'apporte rien. C'est parce que le PDCI aime la Côte d'Ivoire qu'il s'accommode des choses. Voici un ministre des Infrastructures qui ne commande même pas le directeur du port. Mais il est mal à l'aise. Quand il veut partir, on lui dit non si tu pars, tu créeras une autre crise. On ne dit pas à la légère sortez, sortez. Si le PDCI n'aime pas la Côte d'Ivoire, il sortira du gouvernement et vous verrez ce qui va se passer, la crise sera plus profonde. Donc il faut éviter de mélanger tout le monde. Si les rebelles veulent remanier le gouvernement, ils viendront nous consulter comme ils l'ont fait avant que nous n'entrions dans le gouvernement actuel. Le PDCI étant membre du gouvernement actuel n'est-il pas co-responsable de la mauvaise gouvernance actuelle ? L'affaire des déchets toxiques, les 100 milliards de la filière café-cacao… Le PDCI-RDA est un parti de réaction. Nous sommes dans une atmosphère où ne sommes pas les maîtres du jeu. Vous savez très bien qu'il y a eu la guerre en Côte d'Ivoire, et les deux belligérants se sont rencontrés à Ouagadougou. On leur demande de démanteler leurs milices, de désarmer leurs combattants, de redéployer l'administration, de faire des listes électorales. Tout ce que je viens d'égrener pour aller à la paix, ces ministères ne sont pas tenus par le PDCI. C'est le camp présidentiel et les Forces nouvelles qui ont partagé les ministères qui sont en rapport direct avec Ouaga. Deuxièmement, quand vous parlez de détournement, de déchets toxiques, de café-cacao… Vous savez très bien que nos ministres ne sont pas ceux qui gèrent. Le ministre des Infrastructures qui est PDCI n'a aucune emprise sur le directeur général du port qui est directement géré par le Président de la République. Donc là nous allons faire de la démarcation. Le PDCI ne se sent pas concerné par les déchets toxiques, le PDCI ne se sent pas concerné par l'achat fictif de l'usine aux Etats-Unis. En tout cas, nous ferons en sorte que le moment venu, nous puissions dire ce que nous, nous avons fait. Donc on ne peut pas dire que parce que nous sommes dans le même gouvernement donc nous sommes responsables. C'est un gouvernement de transition, un gouvernement d'ouverture. Mais dans la gestion, il y a des gens qui ont certains secteurs en main (…). Même au temps du Premier ministre Seydou Diarra, on a toujours parlé de dysfonctionnement du gouvernement. Ce ne sont pas des rumeurs, ce sont des faits avérés. Les déchets toxiques sont entrés en Côte d'Ivoire par le biais de qui ? Par la présidence de la République et non par le gouvernement. Le Premier ministre a suspendu le directeur général du Port. Le Président Gbagbo l'a rétabli dans ses fonctions. Où est donc la responsabilité du gouvernement ? Le gouvernement a commis un magistrat Mme Fatou qui a fait l'enquête et a fait mention de la responsabilité de Amondji et de Gossio entre autres. Banny a suspendu les deux responsables. Il a confié le dossier à la justice. Le Président bloque le dossier et remet Gossio à son poste. Donc là, où est la responsabilité du gouvernement ? C'est une responsabilité présidentielle. Le café-cacao par exemple. Aujourd'hui on parle du détournement de 100 milliards de la filière. Est-ce le ministre de la Justice qui a saisi la justice ? Non ! C'est le Président lui-même qui a saisi le procureur de la République. Donc c'est un dossier personnel qu'il gère. Dans cette affaire est-ce que vous entendez Amadou Gon ministre de l'Agriculture ? Non ! Toutes ces structures, si vous lisez bien les décrets, elles sont rattachées directement à la présidence de la République. Donc c'est une affaire de FPI (…). Quand on va découvrir des machines de fabrication de faux dollars à proximité de la maison de Zirignon PCA de la SIR, pensez-vous que si c'était à proximité de la maison de Guikahué on n'allait pas accuser le PDCI ? Les déchets toxiques, cent milliards, faux dollars, il y en a plein. Le directeur de l'ENA, il est statutaire du ministère de la Fonction publique. Il vend les diplômes, tout le monde le sait. Je le dis, on fait la promotion de la médiocrité. Demain, on aura des préfets qui, quand on sera à la retraite, vont nous commander dans nos régions alors qu'ils étaient nuls (…) Le gouvernement ne fonctionne pas bien, il y a des pans entiers du gouvernement qui sont directement rattachés à la présidence donc la présidence doit assumer. Le PDCI est-il prêt à aller aux élections sans le désarmement ? Comment peut-on rendre une élection crédible avec les armes?
Les gens refusent qu'on dise les choses telles qu'elles sont. Ce n'est pas nous qui avons écrit l'accord de Ouagadougou. L'accord de Ouagadougou a été écrit par les délégations du clan présidentiel c'est-à-dire de Gbagbo et de Soro Guillaume c'est-à-dire les Forces nouvelles. Ils ont écrit noir sur blanc que l'accord de Ouagadougou durera 10 mois et s'attellera aux choses suivantes : démantèlement des milices, désarmement des combattants, redéploiement de l'administration, libre circulation, refonte de l'armée, liste électorale et organisation d'élections libres, transparentes, crédibles, et ouvertes à tous. Cela veut dire que l'organisation des élections est la dernière action de l'accord de Ouagadougou. Donc si on suit ce qui est écrit dans cet accord, on ne peut pas aller aux élections avec les hommes en armes. Si les gens n'ont pas désarmé et qu'on dit : " on va aux élections " c'est que Ouagadougou a échoué. Ça c'est clair. Parce qu'il est écrit la dedans qu'avant d'aller aux élections on aura désarmé les milices, on aura désarmé les combattants, on aura redéployé l'administration, on aura refondu l'armée, on aura fait des listes électorales, on aura assuré la libre circulation pour que chacun parte battre campagne où il veut et quand il veut. Parce que quand la période de campagne est arrivée, on bat campagne jusqu'à 4h du matin. Alors si moi, je ne peux pas rencontrer mes militants à Sinématiali à 2 heures du matin alors que je suis à Korhogo, on n'est plus en campagne. Donc si les gens n'ont pas désarmé et qu'il n'y a pas de libre circulation, cela veut dire que l'accord de Ouaga n'a pas atteint ses objectifs. On nous a dit que quand on ira aux élections, il n'y aura plus de personne armée. C'est pour cela que nous avons soutenu l'accord de Ouaga. On a soutenu l'accord parce que le chronogramme était bien établi. Quand tu dis que tu vas à tel endroit et que tu n'y arrives c'est que tu as échoué. Je ne pense pas que les Forces nouvelles puissent aller aux élections sans le désarmement. Cela ne se dit pas parce que c'est évident. Je comprendrai mal que le Président Gbagbo dont le parti a fait du désarmement son leitmotiv. Je ne pense pas que le FPI ait signé l'accord sans parler de désarmement. Maintenant s'il l'a fait c'est que le FPI a trompé le peuple ivoirien.
Propos recueillis par
Jean Prisca sur abidjan.net









